salimdz
28/09/2008, 23h17
Crise financière internationale :
Un moment opportun pour doter l’Algérie d’un fonds souverain ?
Par samir allam , le 27/09/2008
La crise financière internationale, avec la forte chute des places boursières mondiales, a relancé le débat sur l’utilisation des réserves de change issues des exportations d’hydrocarbures. La semaine dernière, la Banque d’Algérie a saisi l’occasion pour vanter les mérites de sa gestion prudente : en plaçant près de 50 milliards de dollars dans des bons du Trésor américain, l’Algérie a été épargnée par la crise. Ce qui n’est pas faux, même si la Banque d’Algérie oublie de préciser que le rendement des obligations du Trésor américain est au plus bas depuis la seconde Guerre mondiale. L’Algérie n’a certes pas perdu d’argent à cause de la crise financière actuelle, mais elle risque de ne pas d’en gagner pendant toute la période que va durer la crise. Autrement dit : l’Etat américain utilise l’argent de l’Algérie à moindre coût.
Autre détail : la Banque d’Algérie se contente d’une analyse purement monétaire, oubliant que les retombées de la crise actuelle sur l’Algérie pourraient surgir plus tard et s’avérer désastreuse : forte baisse de la demande sur le pétrole, récession mondiale…L’Algérie est, dans la situation actuelle, comme le paysan dont la ferme vient de brûler mais qui s’intéresse seulement au sort des billets enfouis sous son matelas !
Pour les autorités monétaires algériennes, cette crise doit servir de leçon pour les partisans d’une diversification des placements et surtout pour tous ceux qui souhaitent voir l’Algérie se doter d’un fonds souverain, à l’image des pays du Golfe ou de la Libye. En réalité, la crise actuelle constitue une excellente opportunité pour se doter d’un tel instrument financier : les cours des principales entreprises mondiales ont atteint des plus bas historiques et plusieurs investisseurs institutionnels sont prêts à céder des participations importantes dans des sociétés qu’ils détiennent en partie. Réserver moins de 10% des réserves de changes disponibles actuellement (soit environs 10 milliards de dollars) pour créer un fonds souverain permettrait à l’Etat algérien de prendre des positions intéressantes au sein d’entreprises aux compétences reconnues dans leur domaines.
En effet, pour un pays comme l’Algérie, l’intérêt d’avoir un fonds souverain n’est pas seulement financier. Il est également stratégique : en devenant actionnaire dans des groupes internationaux, l’Etat algérien va pouvoir influencer leur décision. Un exemple : si l’Etat algérien était actionnaire au sein de Renault ou d’EADS, ces deux groupes auraient sans doute réfléchi à deux fois avant de décider de s’implanter respectivement au Maroc et en Tunisie. De même si l’Etat algérien était actionnaire d’un grand groupe de travaux publics (les cours en Bourse de plusieurs sociétés du secteur ont fortement chuté ces derniers jours), il ne serait pas réduit aujourd’hui à demander à des Chinois de respecter les délais pour livrer leurs projets dans l’immobilier et sur l’autoroute Est-Ouest.
source : http://www.toutsurlalgerie.com/Crise-financiere-internationale---un-moment-opportun-pour-do_4936.html
Un moment opportun pour doter l’Algérie d’un fonds souverain ?
Par samir allam , le 27/09/2008
La crise financière internationale, avec la forte chute des places boursières mondiales, a relancé le débat sur l’utilisation des réserves de change issues des exportations d’hydrocarbures. La semaine dernière, la Banque d’Algérie a saisi l’occasion pour vanter les mérites de sa gestion prudente : en plaçant près de 50 milliards de dollars dans des bons du Trésor américain, l’Algérie a été épargnée par la crise. Ce qui n’est pas faux, même si la Banque d’Algérie oublie de préciser que le rendement des obligations du Trésor américain est au plus bas depuis la seconde Guerre mondiale. L’Algérie n’a certes pas perdu d’argent à cause de la crise financière actuelle, mais elle risque de ne pas d’en gagner pendant toute la période que va durer la crise. Autrement dit : l’Etat américain utilise l’argent de l’Algérie à moindre coût.
Autre détail : la Banque d’Algérie se contente d’une analyse purement monétaire, oubliant que les retombées de la crise actuelle sur l’Algérie pourraient surgir plus tard et s’avérer désastreuse : forte baisse de la demande sur le pétrole, récession mondiale…L’Algérie est, dans la situation actuelle, comme le paysan dont la ferme vient de brûler mais qui s’intéresse seulement au sort des billets enfouis sous son matelas !
Pour les autorités monétaires algériennes, cette crise doit servir de leçon pour les partisans d’une diversification des placements et surtout pour tous ceux qui souhaitent voir l’Algérie se doter d’un fonds souverain, à l’image des pays du Golfe ou de la Libye. En réalité, la crise actuelle constitue une excellente opportunité pour se doter d’un tel instrument financier : les cours des principales entreprises mondiales ont atteint des plus bas historiques et plusieurs investisseurs institutionnels sont prêts à céder des participations importantes dans des sociétés qu’ils détiennent en partie. Réserver moins de 10% des réserves de changes disponibles actuellement (soit environs 10 milliards de dollars) pour créer un fonds souverain permettrait à l’Etat algérien de prendre des positions intéressantes au sein d’entreprises aux compétences reconnues dans leur domaines.
En effet, pour un pays comme l’Algérie, l’intérêt d’avoir un fonds souverain n’est pas seulement financier. Il est également stratégique : en devenant actionnaire dans des groupes internationaux, l’Etat algérien va pouvoir influencer leur décision. Un exemple : si l’Etat algérien était actionnaire au sein de Renault ou d’EADS, ces deux groupes auraient sans doute réfléchi à deux fois avant de décider de s’implanter respectivement au Maroc et en Tunisie. De même si l’Etat algérien était actionnaire d’un grand groupe de travaux publics (les cours en Bourse de plusieurs sociétés du secteur ont fortement chuté ces derniers jours), il ne serait pas réduit aujourd’hui à demander à des Chinois de respecter les délais pour livrer leurs projets dans l’immobilier et sur l’autoroute Est-Ouest.
source : http://www.toutsurlalgerie.com/Crise-financiere-internationale---un-moment-opportun-pour-do_4936.html