salimdz
28/09/2008, 23h23
Impact de la crise financière sur l’Algérie :
Les inquiétudes des experts
Par samir allam , le 28/09/2008
http://www.toutsurlalgerie.com/images/articles/dollars.jpg
L’Algérie a-t-elle été épargnée par la crise financière internationale ? Depuis le début de la crise, les autorités politiques et monétaires du pays se montrent prudentes sur le sujet. Alors que les chefs d’Etat et de gouvernement de plusieurs pays ont déjà pris la parole pour se prononcer sur les effets attendus de la crise financière sur les économies de leurs pays, le gouvernement algérien continue d’observer le silence. Le chef de l’Etat poursuit ses « consultations » du ramadhan et le Premier ministre semble occupé à préparer la révision de la Constitution et le troisième mandat du Président Bouteflika. Quant aux parlementaires, ils semblent davantage préoccupés par la hausse de leur rémunération. La classe politique évite de se prononcer sur la question alors que la crise concerne directement l’Algérie au moins sur deux aspects : son impact éventuelle sur la demande pétrolière mondiale (le pétrole est la principale source de revenus du pays) et l’avenir des avoirs algériens détenus en bons du Trésor américain, estimés à 50 milliard de dollars, dans un contexte où l’économie américaine est menacée de récession.
Seul à être monté au « front »: le Gouverneur de la Banque d’Algérie. La semaine dernière, Mohamed Laksaci, dans une conclusion un peu hâtive, s’était empressé de vanter les mérites de sa « gestion prudente » des réserves de change. Selon lui, l’Algérie est épargnée par la crise financière internationale. Pas sûr, semble lui répondre l’économiste Mourad Benachenou. Dans une contribution publiée aujourd’hui dans Le Quotidien d’Oran, l’ancien ministre de l’économie s’alarme des impacts attendus de la crise sur l’Algérie. Pour lui, la dévaluation du dollar américain va infliger de lourdes pertes à l’économie algérienne.
«Du fait de la structure de son commerce extérieur et de la règle imposée d’accepter exclusivement le dollar comme monnaie de payement de ses exportations d’hydrocarbure, qui représentent quatre-vingt-dix-huit pour cent de ses recettes extérieures, l’Algérie continuera à subir la détérioration du pouvoir d’achat du dollar », note M. Benachenou. Pour lui, «une baisse du dollar de un pour cent par rapport à l’euro, ce qui n’est nullement rare, représente une perte de change de un milliard de dollars en supposant que quatre-vingts pour cent des réserves de changes algériennes sont détenues en dollars, et de six cents millions de dollars si cette proportion est réduite à cinquante pour cent ». Le constat est inquiétant quand on sait que des experts prévoient un euro à 1,70-1,80 dollar dans les prochaines semaines contre 1,46 actuellement, soit une baisse de entre 14 et 20%.
Autre sujet d’inquiétude, selon M. Benachenou : les obligations du Trésor américain détenues par l’Algérie. Pour l’ancien ministre, ces placements se font à perte. Explication : «les dollars détenus sous forme d’obligation du Trésor américain, ni leur valeur, ni la sécurité de leur détention ne sont garanties. Leur valeur nominale en capital ne change pas, puisque, contrairement aux obligations du Trésor détenues par les particuliers, celles souscrites par les autorités monétaires étrangères, ne sont pas susceptibles de varier en prix suivant l’évolution des taux d’intérêts sur les dépôts en dollar. Cependant, le pouvoir d’achat de ce capital évolue avec le taux de change du dollar comme avec le taux d’inflation international ; et le gouvernement américain ne donne aucune garantie quant au maintien de sommes qui sont mises à sa disposition par les banques centrales étrangères ; un milliard de dollars d’obligations du trésor contracté en janvier 2008 a, en fin d’année, un pouvoir d’achat de neuf cent soixante millions de dollars si le taux d’inflation international a été de quatre pour cent au cours de cette année. Pour que le pouvoir d’achat initial soit maintenu, il faudrait que le taux d’intérêt produit par le placement soit au moins égal à quatre pour cent ; et pour que le rendement du placement soit positif, il doit dépasser les quatre pour cent par an ; or, du fait de la politique de faible taux d’escompte menée par le FED, les placements en obligations du trésor se font à perte ».
«Il faudrait calculer ce que l’Algérie a perdu dans ses placements en cet instrument ; on pourrait avoir la surprise de constater qu’en fait, ce n’est pas un placement productif, mais une subvention au Trésor américain égale au différentiel de pouvoir d’achat de ce placement entre le début et la fin de l’année », ajoute M. Benachenou.
source : http://www.toutsurlalgerie.com/Impact-de-la-crise-financiere-sur-l-Algerie---les-inquietude_4943.html
Les inquiétudes des experts
Par samir allam , le 28/09/2008
http://www.toutsurlalgerie.com/images/articles/dollars.jpg
L’Algérie a-t-elle été épargnée par la crise financière internationale ? Depuis le début de la crise, les autorités politiques et monétaires du pays se montrent prudentes sur le sujet. Alors que les chefs d’Etat et de gouvernement de plusieurs pays ont déjà pris la parole pour se prononcer sur les effets attendus de la crise financière sur les économies de leurs pays, le gouvernement algérien continue d’observer le silence. Le chef de l’Etat poursuit ses « consultations » du ramadhan et le Premier ministre semble occupé à préparer la révision de la Constitution et le troisième mandat du Président Bouteflika. Quant aux parlementaires, ils semblent davantage préoccupés par la hausse de leur rémunération. La classe politique évite de se prononcer sur la question alors que la crise concerne directement l’Algérie au moins sur deux aspects : son impact éventuelle sur la demande pétrolière mondiale (le pétrole est la principale source de revenus du pays) et l’avenir des avoirs algériens détenus en bons du Trésor américain, estimés à 50 milliard de dollars, dans un contexte où l’économie américaine est menacée de récession.
Seul à être monté au « front »: le Gouverneur de la Banque d’Algérie. La semaine dernière, Mohamed Laksaci, dans une conclusion un peu hâtive, s’était empressé de vanter les mérites de sa « gestion prudente » des réserves de change. Selon lui, l’Algérie est épargnée par la crise financière internationale. Pas sûr, semble lui répondre l’économiste Mourad Benachenou. Dans une contribution publiée aujourd’hui dans Le Quotidien d’Oran, l’ancien ministre de l’économie s’alarme des impacts attendus de la crise sur l’Algérie. Pour lui, la dévaluation du dollar américain va infliger de lourdes pertes à l’économie algérienne.
«Du fait de la structure de son commerce extérieur et de la règle imposée d’accepter exclusivement le dollar comme monnaie de payement de ses exportations d’hydrocarbure, qui représentent quatre-vingt-dix-huit pour cent de ses recettes extérieures, l’Algérie continuera à subir la détérioration du pouvoir d’achat du dollar », note M. Benachenou. Pour lui, «une baisse du dollar de un pour cent par rapport à l’euro, ce qui n’est nullement rare, représente une perte de change de un milliard de dollars en supposant que quatre-vingts pour cent des réserves de changes algériennes sont détenues en dollars, et de six cents millions de dollars si cette proportion est réduite à cinquante pour cent ». Le constat est inquiétant quand on sait que des experts prévoient un euro à 1,70-1,80 dollar dans les prochaines semaines contre 1,46 actuellement, soit une baisse de entre 14 et 20%.
Autre sujet d’inquiétude, selon M. Benachenou : les obligations du Trésor américain détenues par l’Algérie. Pour l’ancien ministre, ces placements se font à perte. Explication : «les dollars détenus sous forme d’obligation du Trésor américain, ni leur valeur, ni la sécurité de leur détention ne sont garanties. Leur valeur nominale en capital ne change pas, puisque, contrairement aux obligations du Trésor détenues par les particuliers, celles souscrites par les autorités monétaires étrangères, ne sont pas susceptibles de varier en prix suivant l’évolution des taux d’intérêts sur les dépôts en dollar. Cependant, le pouvoir d’achat de ce capital évolue avec le taux de change du dollar comme avec le taux d’inflation international ; et le gouvernement américain ne donne aucune garantie quant au maintien de sommes qui sont mises à sa disposition par les banques centrales étrangères ; un milliard de dollars d’obligations du trésor contracté en janvier 2008 a, en fin d’année, un pouvoir d’achat de neuf cent soixante millions de dollars si le taux d’inflation international a été de quatre pour cent au cours de cette année. Pour que le pouvoir d’achat initial soit maintenu, il faudrait que le taux d’intérêt produit par le placement soit au moins égal à quatre pour cent ; et pour que le rendement du placement soit positif, il doit dépasser les quatre pour cent par an ; or, du fait de la politique de faible taux d’escompte menée par le FED, les placements en obligations du trésor se font à perte ».
«Il faudrait calculer ce que l’Algérie a perdu dans ses placements en cet instrument ; on pourrait avoir la surprise de constater qu’en fait, ce n’est pas un placement productif, mais une subvention au Trésor américain égale au différentiel de pouvoir d’achat de ce placement entre le début et la fin de l’année », ajoute M. Benachenou.
source : http://www.toutsurlalgerie.com/Impact-de-la-crise-financiere-sur-l-Algerie---les-inquietude_4943.html