Yoelle Maarek, ingénieure et directrice d'un centre de recherche et développement de Google, a donné une conférence à Paris, ce jeudi, et répondu aux questions des journalistes présents.

Quels sont les critères que prend en compte Google pour répondre à une requête d’internaute?
Ce n’est pas de la magie. Il y a trois critères. 1. La rapidité de la remontée des réponses — il faut que cela prenne moins d’une seconde, 2. la pertinence et 3. Plusieurs astuces secrètes de Google, que l’on réactualise en permanence, comme par exemple la prise en compte de la position du terme recherche sur une page, ou sa typographie. En clair, si le terme recherché se trouve en caractères de très grande taille en tête de la page, celle-ci a plus de chances d’être jugée pertinente par Google.

C’est quoi, le «page rank»?
C’est la plus value de Google, une invention des fondateurs Larry Page et Sergey Brin. Je n’ai jamais su si «page rank» était un jeu de mot un peu mégalo sur le nom de Larry Page… Je plaisante. Sérieusement, les pages du Web sont connectées entre elles via des liens url, or ces liens sont des informations qu’il faut exploiter. Plus il y a de liens sur une page, plus cette page est considérée comme pertinente.

Quand un internaute commence à taper un mot sur Google, plusieurs mots lui sont proposés…
C’est Google Suggest, une sorte d’outil télépathique. Sur téléphones portables, cet outil est encore plus pratique que sur ordinateur. Car on a plus de mal à taper vite sur un téléphone, alors on veut économiser des clics.

Comment est faite la sélection de ces mots qui sont proposés? Y a-t-il un filtrage?
La sélection correspond à ce que les internautes cherchent sur Google. Le risque de tourner en rond en reprenant les requêtes les plus populaires? Oui, il existe. C’est pour cela qu’existe l’option «trouver une page au hasard». Quant au filtrage, il se fait sur les insultes et le porno. On bloque les mots offensants, comme les contenus choquants.

Difficile d’avoir une appréciation rationnelle de ce qui est offensant ou pas. Comment faites-vous?
C’est certain qu’il y a des variations culturelles et d’appréciation en fonction des pays. On ne fait pas de filtrage moral ou éthique, ni de filtrage politique.

Même si l’on tape «dalaï lama» depuis la Chine?
Il faudrait essayer. On donne le résultat que la loi locale nous autorise à donner. Et si la recherche est censurée, on l’indique sur la page.

Google search wiki (lancé aux Etats-Unis, mais visible ici) permet aux internautes de supprimer des pages dans les résultats donnés par Google. Mais si je supprime une page, est-elle aussi supprimée pour un autre internaute?

Aujourd’hui, non. Votre action n’influence pas les résultats des autres. Mais plus tard, si l’on est sûr que l’action de supprimer une page est naturelle et non commandée par un besoin politique, on verra. Mais on reste très prudent sur ces aspects-là. On ne travaille qu’à partir de données dont on est sûr.

Source : 20minutes.fr