Depuis quelques années, les hauts cadres d'Algérie Télécom sont régulièrement harcelés par la justice. Un ancien PDG du groupe, Brahim Ouarets, purge actuellement une peine de 5 ans de prison. Deux anciens PDG, le Directeur financier et plusieurs hauts cadres de l'opérateur sont actuellement poursuivis par la justice à Sétif. Ils risquent également de lourdes peines de prison. Ils sont soupçonnés de malversations dans la passation de marchés publics estimés à quelques centaines de millions de dinars.

Depuis hier, ce ne sont pas des cadres de l'opérateur qui sont soupçonnés de malversations et de vol, mais une entreprise étrangère, dirigée par des étrangers. Le document - révélé en exclusivité par TSA (www.tsa-algerie.com)- adressé par le PDG d'Algérie Télécom au DG de Nedjma, contient des accusations lourdes et graves.

D'importants revenus en devises appartenant au groupe public algérien sont détournés par l'opérateur mobile qatari pour être ensuite transférés sous forme de bénéfices vers l'étranger. Ces sommes issues de l'interconnexion à l'international sont difficiles à estimer mais selon les spécialistes, elles représenteraient quelques centaines de millions d'euros surtout qu'Algérie Télécom paye ses propres frais d'interconnexion avec l'étranger en devises.

Ce dossier constitue une illustration du pillage auquel se livrent de nombreux groupes étrangers présents en Algérie. Une question se pose : la justice algérienne va-t-elle se comporter avec la même sévérité dont elle a fait preuve dans le traitement des cadres algériens du groupe Algérie Télécom ?

Pour moins que cela, des milliers de cadres algériens ont été jetés en prison, avant d'être pour la plupart innocentés quelques années plus tard. C'était au milieu des années 1990. Le Premier ministre de l'époque, un certain Ahmed Ouyahia, avait appelé cette affaire « opération mains propres.