L’opérateur de téléphonie mobile Djezzy, qui avait tout pour réussir en Algérie, mais qui a en quelque sorte oeuvré à creuser sa tombe de ses propres mains, n’en finit plus de traîner les casseroles et de collectionner les scandales.
Le dernier en date, sans doute, concerne sa direction de Tizi Ouzou. Des sources proches de ce dossier, qui promet de faire beaucoup de bruit le jour où il éclatera sur la place publique, concernerait ainsi des affaires de corruption mais aussi d’évasion fiscale.
Si des agents ont été dépêchés par la maison mère, Orascom, en vue d’enquêter de près sur ces sordides affaires, et si de nombreux cadres de Djezzy à Tizi Ouzou ont déjà été relevés de leurs fonctions par mesures préventives, nous apprenons que le fisc a lui aussi décidé de s’intéresser de près à cette affaire. Résultats : il aurait carrément ordonné un redressement de l’ordre de 400 milliards de centimes, ce qui n’est pas peu dire.
Djezzy, qui se targuait de supposées amitiés et protections de la part du président de la République lui-même, ce qui n’a jamais été le cas, fait beaucoup moins le fier depuis que le chef de l’État en personne a dénoncé publiquement, lors d’un discours officiel, les agissements spéculatifs condamnables de ce groupe.
Il s’agit d’opérations spéculatives réalisées sur la revente au groupe français Lafarge de cimenteries qui lui avaient été concédées par l’État algérien, réalisant au passage de « substantiels» bénéfices, sans avoir fourni le moindre effort.
Désormais, Orascom est dans le collimateur des pouvoirs publics. Djezzy, cette poule aux oeufs d’or qui avait permis à Naguib Sawiris, patron du groupe de «jouer dans la cour des grands» (selon ses propres aveux), ne sera pas revendue de si tôt même si telle a été la mission dévolue au remplaçant du très controversé Hassan Kabbani, Thamer Al Mahdi en l’occurrence.
Des sources crédibles, en effet, nous indiquent que Kabani, qui occupe une sorte de « voie de garage » au Caire, aurait été « évacué » en urgence depuis que les pouvoirs publics ont découvert ces affaires, également sordides et louches, de transferts de fonds illégaux vers l’étranger.
L’enquête, qui promet de déboucher sur un procès à grand retentissement, puisque l’on évoque une somme globale transférée de l’ordre de 1,1 milliard de dollars.
Ce qui a sans doute aggravé les choses pour cet opérateur c’est que presque immédiatement après la fetwa du cheikh Ferkous, demandant son boycott à cause d’actions menées en faveur de la campagne de christianisation en Algérie, l’agression contre Ghaza a éclaté en même temps qu’un scandale venu éclabousser la famille Sawiris.
Celle-ci, comme le prouvent ses propres documents, a en effet pris des participations dans une société israélienne à hauteur de près de 15 %, pour une valeur globale de 150 millions de dollars.
C’est un peu avec l’argent algérien que le peuple de Ghaza a été massacré. D’où une vaste campagne menée via les SMS et l’Internet en vue de boycotter massivement cet opérateur.
La campagne, croit-on savoir, aurait débouché sur la perte de plusieurs centaines de milliers d’abonnés. Pour ce qui est des relations de Djezzy avec l’État, ce n’est un secret pour personne que cet opérateur s’est toujours considéré comme étant au-dessus des lois.
Jusqu’à ce jour, en effet, il continue de refuser d’appliquer des décisions exécutoires de l’ARPT, et de défier le Conseil d’État lui-même.
Abusant à outrance de sa position dominante, l’ensemble de ses promotions, avant que ne vienne la nouvelle présidente de l’ARPT, étaient illégales, ne passaient pas par l’agrément de l’ARPT, et versaient dans de la concurrence déloyale en faisant du dumping.
En dépit de ces scandales et soucis à répétition, Djezzy tente de temps à autre, sans grand succès il faut le dire, de se remettre à flot, usant de subterfuges éculés, comme des attaques infondées dirigées contre les concurrents, ou bien en initiant de supposées campagne censées servir l’image de marque de l’Algérie, mais visant au contraire une chose tout à faire contraire, à savoir redorer le blason de Djezzy en se servant de l’image algérienne.
Mohamed Abdoun