Gros plan sur le stockage : SAS

Jeudi 18 juin 2009 à 16:51

Quatrième partie de notre série d'actualités, si nous parlions maintenant du SAS (S.erial Attached SCSI). Dans les successeurs du SCSI, le SAS est le plus couramment utilisé. Le principe est assez simple : il consiste à utiliser le principe du SATA adapté au SCSI.

Plus efficace
Comparé au SCSI, le SAS n'est pas plus rapide en théorie : le SCSI existe en versions Ultra-320 et Ultra-640 alors que le SAS limite à 300 Mo/s (SAS 3 gigabits/s) et 600 Mo/s (6 gigabits/s). Pourtant, dans la pratique, le SAS est plus efficace : alors que le SCSI propose généralement un ou deux connecteurs et un partage de la bande passante sur chaque connecteur, c'est un peu différent en SAS. Dans la majorité des cas, chaque disque dur dispose de son connecteur et donc de la bande passante totale de ce dernier, même s'il est possible de partager cette dernière et de placer plusieurs disques durs sur un seul connecteur (128 en théorie).

Plus simple

Gros point intéressant, le connecteur utilisé est en fait le même que celui que l'on retrouve sur les disques durs SATA. En dehors du fait qu'il permet une compatibilité SATA, il est surtout bien plus petit que les connecteurs SCSI traditionnels. Le câble est aussi un simple câble série, mais le SAS est plus efficace que le SATA sur ce point : alors que le SATA se limite à 1 mètre, il est possible d'atteindre 8 mètres en SAS, grâce à une tension plus importante pour la signalisation. De plus, il existe (comme pour l'eSATA) un câble permettant d'externaliser un disque dur SAS et aussi un autre connecteur permettant de relier deux disques durs à un même connecteur (attention, en bande passante partagée).

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Avantages et inconvénients

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Comme pour le SCSI, il reste un désavantage de taille : le prix. La norme externalise quelques fonctions sur le disque dur (qui est donc plus onéreux) et le contrôleur est plus cher, et ce pour deux raisons. La première, c'est que la demande est faible et donc le matériel assez cher. La seconde, c'est qu'étant donné la bande passante proposée (6 gigabits/s actuellement), les périphériques doivent utiliser un bus rapide pour la connexion au chipset et que seul le PCI-Express 4x (au moins) est suffisant pour ne pas brider l'interface. Et les cartes mères proposant un connecteur PCI-Express 4x (ou 8x) ne sont pas légion (il est possible d'utiliser un connecteur 16x, mais ce n'est pas toujours possible). Notons que, même si ce n'est pas réellement disponible, il est possible d'utiliser des imprimantes, des scanners (ou n'importe quel périphérique disponible en SCSI) sur une interface SAS. En pratique, ce genre de branchements est réservé au FireWire, un des autres successeurs du SCSI. Enfin, la diminution de la taille du connecteur SAS (par rapport aux connecteurs SCSI) a permis l'avènement des disques durs au format SFF (Small Form Factor). Ces disques durs, très populaires, utilisent fait la longueur et la largeur d'un disque 2,5 pouces, mais avec une épaisseur plus élevée. Le Velociraptor est d'ailleurs le seul disque dur SFF disponible pour les particuliers (et en SATA) alors que tous les autres modèles se limitent au SAS.

Au final, le SAS est une interface rapide, simple et efficace, qui remplace parfaitement le SCSI dans les ordinateurs et les serveurs d'entrée de gamme. C'est le véritable successeur du SCSI, même si d'autres variantes « série » de la norme existent, et nous en parlerons demain, avec l'eSATA, la Compact Flash, etc.

Compatible SATA
Le SAS est compatible SATA. Ou plutôt, le SATA est compatible avec les contrôleurs SAS. En fait, un mode de compatibilité permet de brancher un disque dur SATA sur un contrôleur mais évidemment sans les nouveautés du SAS (limité au mode 3 gigabits/s, 1 mètre de câble, etc.). Malgré tout, pour les serveurs qui ont de gros besoins en stockage, mixer SAS (pour des disques rapides) et SATA (pour le stockage) est appréciable.

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