L‘avis de la HFEA, l’autorité britannique de régulation en matière d’embryologie et de fécondité humaine, était très attendu ce jeudi. Les chercheurs qui veulent utiliser des ovocytes d’origine animale pour créer des embryons à partir d’ADN humain, craignaient un refus. Ils sont en partie soulagés : les experts ne se prononcent pas contre la création de ces embryons hybrides mais souhaitent que la question soit davantage débattue avec les spécialistes et le public avant de la trancher.

Deux équipes, l’une du Kings College de Londres, l’autre du NESCI (North East England Stem Cell Institute) de Newcastle, ont demandé l’autorisation de créer des embryons en implantant le noyau d’une cellule humaine dans un ovocyte énucléé de vache ou de lapine. L’objectif est d’obtenir un embryon porteur d’une maladie génétique afin de pouvoir étudier son développement dès le début. Les embryons ainsi créés servent à extraire des lignées de cellules souches et sont détruits au bout de deux semaines de développement.

Ce type de recherche est autorisé en Grande-Bretagne à partir d’ovocytes humains. Cependant il est difficile de s’en procurer et les chercheurs ont décidé de contourner l’obstacle en utilisant des ovocytes d’origine animale. L’embryon ainsi obtenu serait à 99% humain et ne conserverait de l’animal que sont ADN mitochondrial (présent dans la cellule et non pas dans le noyau).

En décembre, un document publié par le gouvernement britannique préconisait l’interdiction de ce type d’hybridation. Les chercheurs ont expliqué que l’avenir de ce domaine de recherche était compromis.

Dans l’avis publié aujourd’hui, la HFEA explique que la loi n’interdit pas ces manipulations. Cependant, étant donné le poids des enjeux scientifiques et éthiques liés à cette question, l’autorité préfère organiser une vaste consultation auprès des experts scientifiques, des groupes d’intérêts et du public avant de donner son avis définitif. La consultation devrait s’achever à l’automne 2007.