[FONT='Arial','sans-serif']La scène se déroule dans les locaux de Mobilis. C’était en 2006, l’opérateur mobile, filiale d’Algérie Télécom, venait de lancer son site Intranet. Boudjemaa Haichour, ministre des télécommunications, est dans les locaux pour «inaugurer» le nouveau produit destiné aux salariés de l’entreprise. Après une longue présentation effectuée par un ingénieur de Mobilis, M. Haichour prend la parole et l’interroge : « dites-moi, peut-on accéder à Yahoo à partir de l’Intranet ? ».

[/FONT][FONT='Arial','sans-serif']Deux ans plus tard, ce ministre, décrit comme un «artiste» avec la réputation de faire écouter de la musique andalouse à ses interlocuteurs, même étrangers, dans son bureau au ministère est toujours à la tête du troisième secteur le plus stratégique pour un Etat, après l’Energie et les Transports. A la tête de son ministère, M. Haichour multiplie les échecs et les maladresses.

[/FONT][FONT='Arial','sans-serif']Lancée à grands renforts de publicité, l’opération Oustratic destinée à permettre aux ménages algériens de s’équiper en matériel informatique et Internet s’est soldée par un échec. Loin d’être découragé, Bourdjemaa Haichour multiplie depuis quelques mois les effets annonces : une privatisation imminente d’Algérie Telecom, malgré l’opposition publique de Hamid Temmar, le seul vrai décideur des opérations de privatisation ; l’introduction de la téléphonie 3G même si tous les experts s’accordent à dire que le marché algérien n’est pas encore prêt ; et plus récemment, il a évoqué le lancement du FTTH (Fiber to the Homme). Cette dernière technologie non seulement est très coûteuse (France Télécom prévoit 4 à 5 milliards d’euros d’investissements pour couvrir le territoire français, dont la superficie est quatre fois inférieure à celle de l’Algérie !) mais ses usages (Télévision à Haute définition, transfert instantané de vidéos…) sont loin d’être développés, y compris en Europe…
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Boudjemaa Haichour s’immisce dans la gestion des entreprises publiques dépendant de son secteur. Il intervient dans les nominations de sous-directeurs et de chef de services. Incapable de comprendre les enjeux de son secteur, il tente d’imposer ses vues. Et quand un responsable, comme l’ancien PDG de Mobilis Hachemi Belhamdi, ose s’opposer à un rapprochement entre son opérateur et sa maison mère Algérie Telecom, il est mis à la retraite et remplacé par son numéro deux Lounis Belharrat.

[/FONT][FONT='Arial','sans-serif']A Algérie Télécom, la situation est plus critique. Avec le limogeage confirmé de Mouloud Djaziri pour des raisons obscures (lire El Watan du jour), l’opérateur en est à son troisième PDG en moins de six mois. En interne, les équipes sont démobilisées dans un contexte où Algérie Télécom a plus que jamais besoin d’un redressement rapide.

[/FONT][FONT='Arial','sans-serif']L’Algérie accuse en effet un retard considérable dans la téléphonie fixe et l’Internet. A[/FONT][FONT='Arial','sans-serif']vec un taux de pénétration réel de 7%, l’Algérie reste à la traîne de ses voisins du Maghreb et même d’Afrique dans le domaine de l’Internet. Le réseau de téléphonie fixe est dans un mauvais état, empêchant le lancement de chantiers importants dans le domaine bancaire par exemple. Plus inquiétant, Algérie Télécom est le seul opérateur historique au monde à avoir une filiale mobile qui ne dégage pas de cash. Dans un pays où l’opérateur Djezzy affiche une santé financière insolente et son concurrent Nedjma est sur la voie du redressement après des années difficiles.

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[FONT='Arial','sans-serif']Dans ce contexte, un changement semble désormais nécessaire à la tête du secteur des télécommunications. Mais un changement radical, en rupture avec les petites mesures auxquelles le gouvernement nous a habitués.

source:TSA
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