Vu dans la presse étrangère. La France va former la police et l’armée algérienne, selon Le Figaro

MAM n'est pas mécontente d'avoir assis un peu plus son image de femme d'État lors de son récent voyage à Alger. Une visite dont les enjeux sont allés bien au-delà de ses ambitions personnelles. La ministre a bel et bien vendu les compétences françaises en matière de sécurité. Car, entre la France et l'Algérie, au-delà des politesses diplomatiques, c'est du donnant-donnant. Les Français ont un savoir-faire reconnu et désirent plus que jamais l'exporter. Les Algériens, eux, ont du pétrole et d'immenses besoins sécuritaires. Et le prix du baril s'envole…

En recevant la ministre dans son palais d'Alger, planté d'eucalyptus, le président Abdelaziz Bo^^^^^ika voulait l'entretenir de ce qui se passe dans le sud de son pays. Car l'instabilité de la zone sahélienne préoccupe plus que jamais le chef de l'État algérien. Ce jour-là d'ailleurs, des rebelles touareg ont attaqué deux camps militaires au Mali, tuant un soldat et pillant une armurerie dans une garnison distante de 250 km, à la frontière algérienne.

De son côté, MAM a insisté sur les dangers du trafic de cocaïne qui passe désormais par l'Afrique et le Sud algérien avant d'inonder l'Europe. Elle a milité pour l'instauration d'un centre de coopération antidrogue pour la zone Méditerranée, à l'instar de celui qui a été installé à Lisbonne pour surveiller la façade Atlantique. Toulon, il est vrai, est candidat pour l'accueillir. Plus de 130 000 hommes ! Autant que la France compte actuellement de policiers. Ce que prévoit de recruter, en seulement trois ans, le ministère de l'Intérieur algérien en policiers, gendarmes et soldats du feu est proprement ahurissant. Et c'est Paris qui sera privilégié pour aider à la formation de cette force renouvelée. Michèle Alliot-Marie y voit le signe d'une «relation d'exception». D'ici à 2010, les effectifs de la police algérienne vont donc passer de 140 000 à 200 000 agents, ceux de la gendarmerie de 80 000 à 120 000 militaires et ceux de la Sécurité civile, de 30 000 à 60 000 hommes.

Les candidats ne manqueront pas : dans ce pays de 33 millions d'âmes, où 65 % de la population a moins de 30 ans, le seul concours national de la Sécurité civile en 2007 avait offert 2 000 places à quelque… 60 000 inscrits. Quand le plan de recrutement sera réalisé, l'Algérie comptera un agent de sécurité pour 100 habitants, soit trois fois plus qu'en France. Pour un territoire à contrôler trois fois plus étendu.

Alger a donc établi sa liste «de courses» : du matériel, des formations adaptées, notamment sur les techniques d'intervention et la gestion des foules, des échanges de cadres, des outils performants de police scientifique pour remonter son taux d'élucidation des affaires, des formateurs de formateurs.

MAM veut aller plus loin encore, en développant des équipes communes d'enquête. Et puis, dit-elle, en termes choisis, «nous sommes, pour notre part, demandeurs de l'expertise algérienne remarquable dans des domaines tels que la lutte antiterroriste». La politique de concorde nationale du président Bo^^^^^ika a déjà conduit à la remise en liberté de quelque 2 000 is^^^^^^^s incarcérés en Algérie. «Beaucoup se sont retrouvés au cœur de nouveaux massacres», déplore un cadre de la Sûreté nationale algérienne. «Certains se promènent également entre Alger et Paris», reconnaît un magistrat parisien. Une situation d'autant plus délicate que d'autres libérations pourraient suivre.

À l'ambassade de France à Alger, villa des Oliviers, cinq policiers et gendarmes gèrent les demandes d'entraide judiciaire envoyées depuis Paris.
Un travail à flux tendu sur des centaines de dossiers. MAM le disait dans l'avion du retour : «L'Algérie est devenue pour nous un partenaire stratégique.» L'une des clés de notre propre sécurité.

source : http://www.toutsurlalgerie.com/contenu.php?id=3458