Un mouvement de protestation pacifiste et apolitique a lancé un appel à une «journée sans achat» à travers le territoire national, fixée au 7 avril pour boycotter différents produits alimentaires, même ceux de première nécessité.
L'appel, lancé par courrier électronique, fait état du boycott de plusieurs produits de large consommation comme le lait en poudre, le sucre, le café, l'huile de table et l'huile d'olive, les viandes et la sardine mais aussi les fruits et légumes, les produits en conserve, y compris le thon, les boissons gazeuses et les jus ainsi que les légumes secs.
Ledit mouvement, composé de journalistes et d'intellectuels algériens, se dit être «un groupe de citoyens organisateur de ce boycott pour dénoncer l'inflation en perpétuelle progression ainsi que l'inertie des pouvoirs publics».
Interrogé hier par Le Temps d'Algérie sur cette initiative, une première en Algérie, Zoubir Fadel, coordinateur du mouvement et détenteur d'un magistère en sciences de la communication et de l'information, répondra : «Nous sommes des journalistes et des intellectuels qui pensent vraiment à l'avenir des Algériens, loin des partis politiques et des associations de protection des consommateurs qui ne font rien en réalité.» Il a noté que «la société civile a le droit absolu de faire changer les choses».
Quant à l'origine de ce mouvement, il trouve sa source dans un constat quotidien de la cherté de la vie. A ce sujet, il a indiqué, en tant que journaliste chargé de la rubrique «Aswak» (marchés) dans une publication nationale pour rendre compte de la mercuriale quotidienne, que «tout d'abord la hausse des prix des légumes et du sucre se poursuit face à un pouvoir d'achat très faible», ajoutant que «même si les prix sur le marché international ont leur effet sur certains produits comme le sucre, l'absence de contrôle en Algérie a aussi son effet». C'est pourquoi ce mouvement a décidé cet «acte de civisme pour dire non».
Le coordinateur de ce mouvement dira que «ce ne sont pas les études qui manquent en Algérie sur l'inflation. Mais n'importe quel citoyen remarque la flambée des prix quotidiennement. Par exemple le prix du sucre a augmenté de 30 DA en une semaine. Et comme il y a des spéculateurs partout, le citoyen se trouve face à une situation dramatique. L'oignon est à 100 DA le kilo, l'ail à 350 DA, voire jusqu'à 600 DA, le sucre à 100 DA, etc.» En effet, en l’absence de réseau de distribution, les intermédiaires et les grossistes imposent leur loi, jouant sur «la liberté des prix» avec «l'ouverture de l'économie».

Rassemblement à Alger le 6 avril
La veille, soit le 6 avril, un rassemblement est prévu à la maison de la presse Tahar Djaout (1er Mai) à Alger. Le mouvement, à l'origine de l'appel de cette «journée sans achat» chaque année jusqu'à ce que les pouvoirs publics agissent en conséquence, adressera à cet effet une pétition signée par un million d'Algériens à la présidence de la République et au premier ministère.
En 2009, l'inflation en Algérie a atteint 5,7% alors qu'elle était de 4,7% en 2008. Elle devrait se situer entre 3 et 3,5% en 2010, a tablé le ministre des Finances, Karim Djoudi.


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