L’Eepad, le seul fournisseur privé d’accès à l’Internet, fait partie de l’histoire ancienne. Après le conflit l’ayant opposé à Algérie Télécom, ce dernier attend toujours une décision de la tutelle en sa faveur. Une décision qui, certainement, lui permettra de reprendre du service.

En attendant qu’un miracle se produise, l’Internet dépend désormais du seul ressort de l’État. Cependant, l’opérateur public semble n’avoir pas mesuré l’impact de cette option sur le marché de l’Internet en Algérie. Outre le retour aux anciens réflexes qui donnent à l’État les pleins pouvoirs, les conséquences d’une telle reprise sont déjà visibles dans la plupart des cybercafés.

En effet, un petit tour du côté d’un cybercafé de quartier suffit de constater qu’ici, les internautes en premier lieu, souffrent le martyre pour disposer d’une connexion digne de ce nom. Cela nous a poussés à nous imprégner du sujet davantage. Croyant que c’était uniquement un cas isolé à ce cybercafé, nous sommes allés nous renseigner auprès de beaucoup d’autres gérants de cybercafés.

De Ben Aknoun à Bab El-Oued en passant par Alger-Centre, le constat est le même. En un mot, la qualité de la connexion est trop mauvaise. Rencontrés sur place, des internautes confirment que pour consulter une boîte électronique, «il faut patienter plus de 5 minutes et ce, quand la chance nous sourit.»

Des fois, cela pourrait dépasser les 10 minutes, dit-on. Interrogés, les gérants des cybercafés sont unanimes à juger cette situation d’inacceptable. Dans ce contexte, Riadh, gérant d’un cybercafé depuis 2004 n’a pas mâché ses mots. «Je gère ce cybercafé depuis presque cinq ans.

C’est dans le cadre de l’emploi des jeunes que j’en ai bénéficié en compagnie de mon associé Zinou. Au début, c’était un fournisseur privé qui nous assurait l’alimentation en matière d’ADSL.

À cette époque, tout marchait pour le mieux pour nous deux, mais à présent avec ce monopole d’Algérie Télécom, si cela persiste, nous rendrons certainement le tablier », a-t-il déploré. Pourquoi donc rendre le tablier ? Selon notre interlocuteur, la réponse est claire. Il a indiqué à ce propos qu’«en premier lieu, nous faisons une activité commerciale.

Autrement dit, nous assurons un service en contrepartie d’un prix. Donc nous avons affaire à des clients qui, en venant réclamer auprès de nous la mauvaise qualité de connexion, ne font que revendiquer ce qui leur revient de droit. Nous, malheureusement, nous sommes incapables de faire quoi que ce soit puisque cela nous dépasse de loin.

Au fil des jours, les accros de l’Internet se rendent compte que chez Riadh, la connexion est de mauvaise qualité, ce qui les pousse à s’adresser ailleurs». Et d’assurer que le nombre de ses clients a baissé de plus de la moitié depuis. Riadh n’est pas le seul en à avoir gros sur le coeur.

Pratiquement tous les gérants des cybercafés rencontrés à cet effet se disent «ne plus pouvoir continuer à sombrer dans les dettes et surtout à ne pas trouver de réponses fiables à leurs clients». Ceci dit, les cybercafés, jusqu’à nouvel ordre, sont menacés de disparition dans un pays ayant déjà accumulé un grand retard dans le domaine des nouvelles technologies.



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