Plus de 70 % du marché pour le « smartphone» vedette d'Apple ! Les trois opérateurs s'apprêtent à dévoiler leur riposte, basée sur Android, de Google.

A coup sûr, « Golfruzu » va faire fureur auprès des golfeurs japonais. La dernière application pour iPhone calcule, à partir des fonctions de positionnement satellite de l'appareil et du parcours l'angle et la puissance de tir nécessaires au joueur pour envoyer la balle dans le trou. Dans un pays où le golf est élevé au rang d'institution, « Golfruzu » ne va certainement pas passer inaperçue.

L'iPhone est un phénomène au Japon et s'est vendu à 1,69 million d'exemplaires l'an dernier (1 er avril 2009-31 mars 2010). La performance est louable et place l'iPhone nettement en tête des ventes avec 72 % du marché, nettement devant son concurrent direct, le taïwanais HTC (11 %), suivi par Toshiba (6,8 %). Les ventes globales d'iPhone au Japon, depuis sa mise sur le marché en juillet 2008, sont estimées à 2,3 millions d'unités, selon MM Research Institute à Tokyo.

A y regarder de plus près, 2,3 millions d'iPhone sur un total de 120 millions d'appareils en circulation ne bouleversent pas le marché, mais rebattent suffisamment les cartes pour pousser les opérateurs japonais à organiser leur riposte. Les salves anti-iPhone devraient être tirées dans les prochaines semaines et auront comme dénominateur commun, chez les trois opérateurs, le système Android, la plate-forme libre de Google.
Bientôt une image en 3D ?

Softbank (18,8 % de parts de marché), qui a l'exclusivité de la commercialisation de l'iPhone et se trouve donc largement en tête sur ce segment de marché, est allé chercher HTC pour son futur « smartphone » fonctionnant avec Android (photo). NTT DoCoMo, le premier opérateur (48,2 %), délaisse progressivement l'i-mode et s'appuie lui aussi sur la plate-forme de Google pour tenter de grignoter des parts de marché à Softbank dans les « smartphones ». Son arme absolue s'appelle désormais Xperia, fabriqué par Sony Ericsson et deuxième « smartphone » sous Android.

NTT DoCoMo, qui veut lancer cinq nouveaux modèles cette année, espère doubler le nombre de ses abonnés aux « smartphones » et poursuit en même temps la commercialisation du BlackBerry, installé sur un marché de niche à usage plutôt professionnel. KDDI, enfin, le numéro deux japonais de la téléphonie mobile avec 27,4 % du marché, étoffe lui aussi sa gamme avec un appareil fabriqué par Sharp, pour une mise sur le marché prévue en juin.

Parce qu'il s'agit d'un système ouvert, Android décharge les opérateurs de la question du logiciel mais les oblige en revanche à se concentrer sur les contenus et les appareils. A eux de se différencier en proposant des matériels différents, plus ou moins sophistiqués. Si tous sont équipés, aujourd'hui, d'écrans tactiles de 4 à 4,5 pouces, certains, comme Sharp, vont déjà pouvoir offrir une image 3D. C'est une autre bataille qui commence.



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