L’autoroute des hauts-plateaux les intéresse

Le lobbying japonais en marche

mardi 27 mai 2008.

Les Japonais ont affiché, hier, au niveau du siège du ministère des Travaux publics leur “grand” intérêt pour le projet de l’autoroute des Hauts-Plateaux. Profitant de la cérémonie de départ de 15 ingénieurs algériens pour une formation au pays du Soleil levant et devant le ministre des Travaux publics, M. Amar Ghoul, les représentants du consortium Cojaal qui réalise le tronçon est, 399 km, de l’autoroute Est-Ouest sont venus en force.


Emmenée par son directeur général adjoint, M. Kosubé, cette délégation a été “renforcée” par M. Kunio Shimizu, l’ambassadeur nippon en Algérie. Lors de son intervention, ce dernier n’a pas caché l’intérêt de son pays pour le projet de l’autoroute des Hauts-Plateaux “et les autres futurs projets”. Même discours de M. Kosubé, qui a insisté sur un “partenariat à long terme” entre Cojaal et l’Algérie, tout en se disant très satisfait du travail réalisé jusqu’à maintenant dans le cadre de l’autoroute Est-Ouest. Aussi l’intérêt qu’ont les Nippons pour le futur projet ne date pas seulement d’hier. Ces dernières semaines, il est de plus en plus “étalé”. Depuis précisément le lancement de l’avis d’appel d’offres pour l’autoroute des Hauts-Plateaux au début du mois d’avril passé. Les 8 milliards de dollars (chiffre donné par le ministre) qu’elle devrait coûter ne pouvait échapper à la convoitise des Nippons. À y voir de plus près, la formation octroyée (par Cojaal) à cette première vague d’ingénieurs – il est prévu des cycles de formation pour 90 personnes – qui devront rejoindre le Japon mercredi prochain, n’est qu’un “prélude” pour le “futur projet” qui devrait être lancé juste après la fin des travaux de l’autoroute Est-Ouest (soit janvier 2010 selon les estimations du ministère). Ces 15 Algériens seront accompagnés par deux experts. L’un spécialiste en parasismique, de l’université de Tlemcen, et l’autre en géologie, de l’USTHB. Deux domaines qui seront d’une utilité cruciale pour le suivi de l’autoroute des Hauts-Plateaux, qui s’étend sur 1 000 km et avec un terrain très difficile. Le ministre Amar Ghoul l’a aussi mentionné lorsqu’il a affirmé qu’après leur formation ils vont “revenir et encadrer le mégaprojet de l’autoroute des Hauts-Plateaux”. Cependant les Japonais ne sont pas les seuls en lice pour ce projet. Les Chinois aussi pointent leur nez. Le groupement CITIC/CRCC (qui réalise les tronçons Ouest, 359 km, et Centre, 169 km, de l’autoroute Est-Ouest) a aussi en point de mire le futur projet du ministère. Trois semaines avant la signature de la convention entre Cojaal et le ministère concernant le financement (à hauteur de 10 millions de dollars) les représentants du pays hôte des prochains J.O. avaient déjà signé une autre convention avec la même institution. Ils s’étaient ainsi engagés à financer (10 millions d’euros) et à construire un institut supérieur de gestion des grands projets, qui devrait former environ 2 000 cadres algériens. Reste maintenant à savoir qui des Japonais ou des Chinois aura le dernier mot pour le projet des Hauts-Plateaux. Sauf, si au bout, ils se retrouveront à se départager le “gâteau”, comme cela a été le cas pour l’autoroute Est-Ouest. Une possibilité plus qu’envisageable puisque ce projet est réparti en trois tronçons : le lot Est (220 km) allant de Tébessa à Batna, le lot Centre (495 km) allant de Batna à Tiaret et enfin le lot Ouest (305 km) allant de Tiaret à El-Aricha. To^^^^ois les travaux pour l’autoroute Est-Ouest ne sont toujours pas terminés. Beaucoup de “choses” découleront des résultats du “projet du siècle”.

source : Liberté

source : http://algerie.actudz.com/article2272.html