Plus de 40% des mineurs fument ou chiquent

Les jeunes face à la menace du tabac

mardi 3 juin 2008.
Une journée de sensibilisation contre le tabagisme au profit des jeunes lycéens a été organisée hier à l’hôpital de Beni Messous. Ces jeunes, qui ont sans doute touché au moins une fois de leur vie à la cigarette, ont découvert au cours de cette journée, organisée par l’établissement à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale sans tabac, l’aspect néfaste du tabac.

Dans un langage pédagogique et scientifique, les professeurs en médecine ont tour à tour tenté d’expliquer et de convaincre ces jeunes de la nécessité de s’éloigner de ce danger mortel. Surtout que 15 000 personnes meurent chaque année en Algérie en raison de la consommation du tabac, dont les jeunes sont les victimes de plus en plus. Ainsi, l’OMS a décidé de placer la journée mondiale antitabac 2008 sous le signe « Une jeunesse sans tabac, halte à la publicité ». Un thème sur lequel beaucoup de professionnels de la santé ont travaillé et mis l’accent sur la gravité de la situation. En Algérie, à l’image de plusieurs pays, les fumeurs commencent à fumer très jeune. La communication du professeur Skander portant sur l’initiative « Classes sans tabac » a attiré ces jeunes lycéens chez qui l’on a constaté une grande attention. Pour le professeur Skander, chef de service des urgences de pneumophtisiologie à l’hôpital de Beni Messous, il est important de sensibiliser ces jeunes et leur montrer non seulement les méfaits du tabac, mais aussi les côtés positifs chez un non-fumeur. Le professeur Skander est convaincu que le rôle de l’école et du personnel éducatif est primordial pour la réussite de toute initiative allant dans la lutte antitabac. Elle revient sur le programme classe sans tabac, qui a pour objectif d’aider les adolescents à ne pas entrer dans l’engrenage du tabac et faire renoncer ceux qui ont déjà commencé à fumer, qui a été lancé cette année dans cinq collèges d’enseignement moyen (CEM) : trois à Alger et deux à Tizi Ouzou (24 classes et 800 élèves). Intitulé « Classes sans tabac », ce programme vise, a-t-elle ajouté, à lutter contre le tabagisme chez les jeunes qui est en augmentation. « Près de 40% des adolescents entre 11 et 14 ans fument ou consomment du tabac en chique », selon une étude réalisée en 2007. Dans le cadre de ce programme, a-t-elle expliqué, un concours est organisé chaque année dans les collèges concernés dans lequel les élèves s’engagent par un « contrat collectif » à ne pas consommer de tabac pendant toute la durée du concours au moins (début janvier-fin avril). « Ce contrat est basé sur la confiance », a-t-elle souligné. Les élèves sont également invités à développer des œuvres créatives sur le thème « Pour un monde sans fumée ». Il s’agit de dessins, affiches, jeux divers, pièces de théâtre, chansons, poèmes ou textes, et les meilleures créations seront récompensées le 16 juin par un jury composé d’artistes peintres, d’artistes et d’hommes de théâtre. « Classes sans tabac » est une adaptation en Algérie du programme européen de même nom (Smoke Free Class) développé actuellement dans vingt-deux pays. Le champion algérien de natation, Salim Ilès, est le parrain de ce projet qui a également le soutien des ministères de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, de la Santé, ainsi que celui du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Pour le professeur Skander, la lutte antitabac est un ensemble de mesures cohérentes et complémentaires. Elle souhaite que de nouvelles écoles adhèrent à l’initiative pour enfin aider ces enfants à mieux résister à la tentation et tenter au minimum de retarder au maximum l’âge de l’initiation à la cigarette.

source : El Watan

source : http://algerie.actudz.com/article2291.html