La banque d’affaires américaine JP Morgan vient de relever sa note sur l'action Orascom Telecom en jugeant « encourageantes » les dernières informations relatives à l'évolution du dossier de vente d'Orascom Telecom Algérie (OTA), qui exploite la marque commerciale Djezzy. « Avec l'évaluation sur la valeur du groupe mandatée par le gouvernement algérien qui doit s'achever à la fin du mois de juin, on peut s'attendre à ce que le principal facteur de risque soit bientôt mis de côté », note la banque dans un rapport datant du 26 mai dont TSA a obtenu une copie.

JP Morgan estime que quatre scenarios doivent être envisagés sur le sort de Djezzy. Le premier, « le meilleur » selon la banque, c'est que la vente de Djezzy soit purement et simplement annulée. Un scenario pourtant jugé « peu probable »par les analystes de JP Morgan. Le deuxième, « le pire », serait que Djezzy soit totalement nationalisée et rachetée à un prix minimum de 2,5 milliards de dollars. Le troisième, « le plus probable », serait qu'Orascom garde 51 % de Djezzy et vende le reste soit à l'État algérien, soit à un consortium privé algérien. Enfin, le dernier scenario, serait qu'Orascom vende Djezzy pour 5,5 milliards de dollars, c'est‑à‑dire à un prix bien supérieur à ce que le gouvernement algérien s'est dit prêt à payer. Ce serait en revanche un prix « raisonnable » pour la banque.

Selon JP Morgan, « une nationalisation totale (ou une vente à 100 % à des investisseurs privés) a de fortes chances d'être évitée (…) selon les commentaires récents publiés dans la presse algérienne et les indications de Vimpelcom sur ce que le groupe serait prêt à accepter ». Mais la banque maintient qu'un danger de taille demeure. « Le risque majeur selon nous n'est pas tellement que l'évaluation s'achève par une estimation très basse (…) mais que les deux parties ne parviennent pas à un accord même avec une estimation raisonnable », pointe le rapport. Cependant, JP Morgan se veut rassurant : « nous croyons qu'il y a une forte volonté des deux parties pour obtenir un accord ».

Cette volonté de trouver un accord amiable semble se confirmer avec les déclarations, ce mercredi 1er juin, du PDG du groupe russe Vimpelcom, nouveau propriétaire d’Orascom Telecom. « Nous avons entamé des pourparlers avec le gouvernement algérien et nous sommes en attente d’une réponse », a indiqué Alexandre Izosimov. « Nous recevons des signaux positifs informels et nous espérons tenir quelques réunions avec les autorités algériennes » en juin, a‑t‑il ajouté.

Cette déclaration optimiste intervient trois jours après les propos du premier ministre Ahmed Ouyahia sur la volonté de l’État algérien de racheter Djezzy. Confié au cabinet Sherman & Sterling, le processus d’évaluation de Djezzy a été retardé (lire nos révélations). Le cabinet d’avocats, basé à Paris, attend actuellement de nouveaux documents pour poursuivre son travail d’évaluation de la filiale algérienne d’Orascom Telecom.

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