Application du nouveau système comptable : «Le manque d’anticipation pénalise certaines entreprises»

le 29.11.11 | 01h00

L’application du nouveau système comptable et financier est différemment appréciée par les professionnels ainsi qu’au sein des entreprises devant appliquer la loi 01-10 du 29 juin 2010, régissant la profession comptable selon des standards internationaux.

Si le passage de l’ancien système comptable au nouveau s’effectue généralement dans de bonnes conditions pour beaucoup d’entreprises, des entités économiques modestes restent confrontées à des difficultés liées, selon les professionnels du secteur, au défaut d’anticipation, mais aussi au manque de moyens humains et financiers induit par le changement imposé par voie réglementaire depuis janvier 2010.

C’est l’évaluation que fait notamment Rafik Boussa, directeur du cabinet algérien AFC, désormais affilié au cabinet d’expertise comptable, d’audit et de conseil Grant Thornton, qui chapeaute un réseau mondial. Notre interlocuteur divise les entreprises en deux catégories, «celles qui ont bien géré le passage entre l’ancien et le nouveau système, comme c’est le cas pour les banques et les grandes entreprises, et celles qui ont tardé à réagir et subissent donc le changement avec nombre de difficultés».

Lors de la journée organisée, hier à Alger, sur le retour d’expérience sur l’application des normes IFRS au Maghreb, en Europe et dans le monde, Salah Abci, un des experts d’AFC ayant accompagné le passage des entreprises de l’ancien mode de gestion comptable vers le nouveau, a également mis en évidence cette dualité dans l’appréciation du changement en Algérie et de son impact sur l’entreprise.

Si les bénéfices en termes de transparence des comptes – un des objectifs principaux de la nouvelle loi – suscitent un certain enthousiasme, il subsiste encore, selon M. Abci, pour ce qui est de la pertinence du nouveau plan, une sorte de nostalgie de l’ancien référentiel appliqué de 1975 à 2010.

La qualité des audits de la première application du SCF fait aussi l’objet d’une appréciation prudente par les gestionnaires d’entreprises, rapporte M. Abci, qui signale, selon les avis qu’il a pu recueillir, que «le mécanisme d’audit ne suffit pas à lui seul à imposer une application cohérente du SCF». D’autres personnes interrogées, rapporte l’expert, «soulèvent le problème de la compétence des professionnels en charge de l’audit». M. Abci a par ailleurs indiqué qu’«après deux ans d’application du nouveau système, l’impact sur la gestion des entreprises est jugé limité».

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