L’Algérie minimise la portée de l’accord sur le nucléaire avec la France
Areva dément la vente de centrales aux Algériens


Par samir allam le 18/06/2008 à 11:55

La visite, samedi et dimanche, du Premier ministre français François Fillon à Alger donnera t-elle lieu à la signature d’un contrat concernant la fourniture par le groupe Areva d’une centrale nucléaire à l’Algérie ? Depuis la visite, fin de mai, en Algérie du ministre français de l’Environnement et de l’énergie Jean-Louis Borloo, les annonces concernant une telle vente se multiplient dans la presse. Mais au siège du groupe nucléaire français Areva, l’information suscite l’étonnement. « Nous ne sommes au courant d’un tel projet. L’Algérie n’est pas un pays un nucléaire et la vente d’une centrale obéit à des critères bien claires. Nous n’avons aucun contact dans ce sens avec le gouvernement algérien», explique à toutsurlalgerie.com une source autorisée au sein du groupe nucléaire français.

Pour notre interlocuteur, avant l’entrée en scène d’Areva pour un éventuel contrat, l’Algérie et la France devront dans un premier temps signer un contrat de coopération dans le nucléaire civil. Ce sera chose faite dès samedi ou dimanche prochain, à l’occasion de la visite de François Fillon à Alger. Plusieurs étapes devront suivre, coté algérien : la création d’une Autorité de sureté nucléaire, la signature d’un accord de non-prolifération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), la mise en place d’un cadre réglementaire sur le nucléaire, identifier un site qui va accueillir le futur réacteur algérien…Une fois toutes ses démarches accomplies, Areva pourrait alors engager éventuellement des discussions avec le gouvernement algérien. Or, un tel processus prendrait environ 15 ans, selon notre source.

Coté algérien, on minimise également la portée de l’accord qui sera signé avec le Premier ministre français la semaine prochaine dans le nucléaire civil. « Le nucléaire civil n’intéresse pas les Algériens. Nous allons signer le contrat parce que les Français nous proposent de le faire. Mais cela ne nous engage pas à faire quoi que ce soit avec la France dans ce domaine. D’autres pays nous proposent la même chose et peut-être mieux. Nous discutons, mais il n’y aucune urgence, l’Algérie a d’autres priorités. Si l’Algérie voulait se doter de réacteurs nucléaires, elle aurait pu le faire depuis les années 1980. Tout était prêt», explique un haut responsable de l’Etat algérien, qui a requis l’anonymat.

Alger soupçonne aussi les Français de lorgner son uranium : l’Algérie a fait d’importantes découvertes d’uranium ces dernières années, mais elle n’entend pas les partager avec la France. « Les Français nous ont fait des propositions pour exploiter ces gisements d’uranium, parmi les plus importants jamais découverts dans le monde. Mais nous n’avons toujours pas rendu notre réponse. Nous étudions leurs propositions », conclut le haut responsable algérien.

source : http://www.toutsurlalgerie.com/alger...reva-3891.html