Android, Apple, Windows ou BlackBerry : comment choisir son smartphone

Cliquer ici pour agrandir | 20.12.11 | 20h31

Les smartphones seront parmi les cadeaux vedettes de Noël. Si l'on en croit le cabinet d'études GfK, il devrait s'écouler 12 millions de ces téléphones intelligents cette année, soit autant que les modèles classiques !


Le choix est vaste. Appareils photo de plus en plus performants, écrans larges, haute définition et même 3D, son amélioré, processeurs plus puissants, commandes vocales, les constructeurs sophistiquent ces téléphones mois après mois. Cependant, l'essentiel est peut-être ailleurs : il ne faut pas uniquement se concentrer sur les performances techniques pour faire son choix, mais aussi s'intéresser au système d'exploitation sur lequel le smartphone fonctionne.

"Ce logiciel est devenu plus important que l'équipement lui-même", tranche Daniel Gleeson, analyste chez IHS Screen Digest. "Les caractéristiques techniques ne sont pas bien comprises par tout le monde, en revanche, une interface qui est intuitive et fiable est quelque chose que chacun d'entre nous peut immédiatement apprécier, explique-t-il. Le succès de l'iPhone 4 et 4S face à des produits supérieurs technologiquement en est une preuve."

Pourtant, peu d'acheteurs s'intéressent au système d'exploitation (operating system en anglais ou OS) de leur smartphone. Selon une enquête menée par le cabinet Forrester, 36 % des détenteurs de smartphones ne savent pas quel OS ils utilisent et 35 % ne connaissent même pas ce terme !

Quatre systèmes dominent aujourd'hui le marché. Apple a développé iOS, qui ne fonctionne que sur les appareils de la marque. Google propose Android, qui a été choisi par Samsung, Sony Ericsson LG, pour ne citer qu'eux. BlackBerry a développé son propre système pour ses terminaux. Le géant des logiciels Microsoft a créé Windows Phone, utilisé notamment par HTC ou Nokia, qui l'a choisi pour ses nouveaux smartphones.

Le choix d'un système n'est pas anodin. D'abord, parce qu'il est souvent définitif ! Presque un cinquième des consommateurs possédant un iPad ou un iPhone trouve que changer de smartphone est plus difficile que de transférer ses comptes dans une autre banque, d'après une étude menée par GfK.

Ensuite, tout le monde ne fait pas la même utilisation de son smartphone. Certains se bornent à téléphoner et consulter leurs mails, tandis que d'autres collectionnent les programmes sur leur appareil. Autant donc choisir un système adapté à ses besoins et aussi à son porte-monnaie.

Une bonne interface doit d'abord être intuitive. Pas question de passer des heures plongé dans le mode d'emploi. Sur ce point, Apple a fait fort avec l'iPhone. Cependant, Android, avec la nouvelle mouture de son système d'exploitation baptisé "Ice Cream Sandwich" se rapproche de la marque à la pomme.

"L'expérience de l'utilisateur sur un téléphone Android est désormais proche de celle de l'iPhone"
, juge Caroline Noublanche, directrice chez Doro, une marque spécialisée dans les téléphones destinés aux seniors, qui lancera son smartphone en 2012. "L'accès aux autres produits Google (Gmail, Google Maps, Calendar...) rend familière l'utilisation d'Android", ajoute Daniel Gleeson.

Toùtefois, ce constat doit être nuancé. "L'utilisation d'un terminal Android varie selon la marque, l'appareil. En effet, chaque constructeur l'intègre et l'adapte comme il l'entend", prévient Thomas Husson de Forrester, analyste. Par ailleurs, "la moitié des appareils fonctionnant sous Android utilisent une version ancienne, ce qui prive les téléphones de certaines fonctionnalités et peut poser des problèmes de sécurité", estime Daniel Gleeson.

Du côté de BlackBerry, malgré des progrès indéniables, la dernière mouture de l'OS n'est pas aussi conviviale que ses concurrents, et le fabriquant doit sortir en 2012 une nouvelle version. Au final, Windows Phone, avec une disposition élégante et innovante des fonctionnalités, apparaît désormais le plus facile à utiliser. "Microsoft, qui est aussi le propriétaire de logiciels comme Office (Word, Excel...), rend cette plate-forme particulièrement attractive pour une utilisation dans un cadre professionnel", pointe Daniel Gleeson.

Le nombre d'applications disponibles doit aussi orienter son choix. Ces petits programmes ne sont pas compatibles entre les téléphones, ils doivent être déclinés en autant de versions que de systèmes. Apple bat largement tous ses concurrents, BlackBerry et Windows se montrant particulièrement à la traîne. L'App Store propose actuellement plus de 500 000 applications, qui ont été téléchargées plus de 18 milliards de fois.

Néanmoins, le nombre d'applications disponibles pour les téléphones Android a considérablement augmenté ces derniers mois. Un bémol : "La diversité des appareils Android ne permet pas d'adapter les jeux à tous les téléphones", précise Daniel Gleeson.

Pour ceux qui veulent rester connectés à leur tribu, l'accès aux réseaux sociaux (Facebook, Twitter...) est important. Il se fait la plupart du temps via des applications consacrées. Seul Windows Phone a fait un travail d'intégration particulièrement réussi.

Enfin, beaucoup d'utilisateurs souhaitent facilement partager le contenu de leur smartphone (photos, musique...) sur d'autres appareils (ordinateur, tablette...). Sur ce point, les Windows Phones, mais surtout les iPhones se distinguent. Apple vient ainsi d'ouvrir son service iTunes Match qui permet de stocker toute sa bibliothèque musicale sur des serveurs. Elle est ainsi disponible sur tous ses appareils, à condition de disposer d'une connexion Wi-Fi.

Le choix d'un système d'exploitation peut aussi avoir des conséquences financières. Les terminaux d'Apple sont plus chers que les autres. Android étant un système mis à disposition gratuitement auprès des constructeurs, les téléphones fonctionnant sur cette plate-forme sont plus compétitifs.

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