Internet en Kabylie, Des villages déconnectés et une population privée de technologie

Lundi 16 janvier à 13:31

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- La Toile est l’une des créations les plus redoutables dans le domaine des nouvelles technologies de l’information et de communication que ce siècle aura vu naître. Bien qu’elle n’ait pas pu mettre au placard les autres moyens classiques de communication, comme les spécialistes du domaine l’ont pourtant prédit, Internet a bouleversé non seulement le monde de l’information, mais aussi et surtout le comportement humain dans le quotidien. Passer une journée sans se connecter et consulter la messagerie électronique relèvent du domaine de l’impossible pour de nombreuses personnes.

En Algérie, l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication se démocratise et se développe constamment. Et c’est surtout le mail, ou le message électronique, qui commence à prendre de la place au détriment des anciens modes de communication chez nous. Même les factures, que nous avons l’habitude de recevoir par poste, commencent à être transmises via le Net.

Cet outil moderne de communication avec lequel l’évolution technologique ne cesse de «bouleverser» le quotidien de l’homme, devient incontournable. Cependant, il y a beaucoup d’Algériens qui, aujourd’hui encore, ont des difficultés à se connecter au réseau Internet en raison de contraintes d’ordre technique. Il faut savoir en effet que dans certaines régions dites enclavées, l’État peine encore à étendre son réseau de téléphonie fixe. Dans ces régions, seule celle-ci permet une connexion Adsl haut débit et «il semble que l’Etat nous a abandonnés depuis le déploiement de la téléphonie mobile», déplore Rachid, un habitant de la commune d’Aït Yahia Moussa, à 25km au sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou. Rachid doit parcourir 10 km quotidiennement pour se «connecter» avec ses amis mais aussi répondre à leurs messages. «Ce n’est pas seulement ça ! Je dois débourser en moyenne plus de 100 DA pour une connexion tarifée à 60 DA/ heure et également attendre patiemment car les clients ne manquent pas dans les deux cybers ouverts ici», explique-il tout en soulignant la mauvaise connexion, les déconnexions itératives et surtout les coupures de courant électrique. «Tout cela rend l’accès au réseau internet de plus en plus difficile».

Pour Lounès, le propriétaire de l’un de ces cybers, «les choses vont mieux qu’avant», et l’Internet est presque à la portée de tous «mais il y a encore des insuffisances telles que les coûts et la qualité du débit, auxquelles l’État doit remédier». Plus optimiste, un de ses clients espère qu’à l’avenir les autorités et particulièrement Algérie Télécom penseront au déploiement de la téléphonie fixe pour «qu’elle devienne accessible à tous».

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