Espaces de développement industriel
C’est encore l’heure des choix

“Les pouvoirs publics doivent arrêter de tergiverser et agir plutôt sur des politiques plus simples”, a souligné Taïeb Hafsi, expert international.

Le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements a affirmé avant-hier, lors du septième symposium international de MDI Business School organisé à l’hôtel Hilton d’Alger que l'Algérie n'est pas encore en phase de création de pôles de compétitivité qui nécessitent, souligne-t-il, notamment des infrastructures importantes, une administration publique adéquate, des entreprises performantes, une formation de niveau et des centres de recherche scientifique. M. Abdelhamid Temmar relève que la part de la valeur ajoutée industrielle dans le PIB a baissé considérablement pour se stabiliser autour de 5 à 6% aujourd’hui. Le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements préfère parler de zones de développement industrielles intégrées au lieu de pôle de compétitivité qui convient plus, selon lui, aux pays dotés d'industries puissantes. Un ensemble de zones de développement industriel intégrées, de véritables microclimats d’affaires et de compétitivité sont programmés. Cependant, le débat sur la question de gouvernance de 14 zones de développement industriel intégrées n’est pas encore totalement tranché. Pour autant “trois expériences pilotes, au niveau des zones de Annaba, Oran- Mostaganem et Sétif-Bordj Bou-Arrédj sont actuellement menées”, a révélé, hier, un conseiller du ministère de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement. Celui-ci reconnaît que les zones industrielles, aujourd’hui, “ressemblent à un entreposage d’entreprises, avec des taux d’inoccupation, de foncier, très important. Tout à fait à l’opposé de ce qui s’est dit lors du symposium”. Il n’est donc pas question de pôles de compétitivité mais de zones de développement industriel intégrées. “Peu importe le nom”, selon les participants. Même si, bien évidemment, il ne peut être question d’importer des dispositifs existants ailleurs. Leur préoccupation première est de trouver le mode opératoire organisationnel qui pourra faire émerger un large tissu de PME dont l’Algérie a besoin et qui pourra dans le même temps réaliser son ancrage dans l’économie de la connaissance en misant sur la recherche, la créativité, la mise en commun des compétences et des savoirs. Il ne fait aucun doute que le benchmarking des expériences de certains pays qui se sont engagés dans de telles démarches peut jouer une influence positive dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques. “L’Algérie est aujourd’hui à la croisée des chemins. Ce sont les choix qui seront faits aujourd’hui qui définiront l’avenir économique du pays”, affirme Abdeldjellil Bouzidi, docteur en économie et consultant en finances de marché dans une communication intitulée : “Développer un pôle d’excellence pour favoriser la transition de l’Algérie vers une économie fondée sur le savoir et l’innovation”. Un pôle d’excellence est “un modèle de politique publique intelligente”. Dans un monde économique de plus en plus globalisé et concurrentiel, les pôles d’excellence seraient le cadre permettant aux entreprises, laboratoires de recherche, etc. de se regrouper dans divers réseaux afin de relever le défi de la concurrence internationale. C’est une structure flexible, une concentration sur une zone géographique de facteurs favorisant l’innovation. “L’Algérie a une opportunité unique dans l’industrie high tech au regard de son potentiel et de ses atouts”, souligne M. Bouzdi. Taïb Hafsi de Hec Montréal estime que les Algériens doivent arrêter de tergiverser et d’agir sur des politiques plus simples. “C’est au niveau des acteurs simples que le développement se réalise, l’État ne peut être qu’un facilitateur”, souligne-t-il. “Malheureusement ce que nous constatons, c’est que le processus de décision est tellement centralisé qu’il devient lourd”, regrette Slim Othmani, patron de NCA Rouiba. “Le processus de création d’entreprises est terrible. Et la première des innovations est d’abord de créer son entreprise”, précise Slim Othmani. “C’est un véritable parcours de combattant”, renchérit une intervenante. Au-delà des tracasseries administratives, le foncier demeure un frein à l’investissement. Le prix du terrain peut atteindre, dans certains cas ; 40% du coût du projet.

source : http://www.liberte-algerie.com/edit....%20des%20choix