Vu dans la presse étrangère.
L'Algérie songe à créer un fonds d'investissement souverain, selon La Tribune


Par La Tribune (Paris, France) le 25/06/2008 à 09:59

L'idée de créer un fonds d'investissement souverain alimenté par la manne des hydrocarbures commence à faire son chemin en Algérie. Actuellement en gestation, le projet fait l'objet, depuis quelques mois, de discussions au sommet de l'État. La raison ? L'augmentation des réserves de change (110 milliards de dollars en 2007) qui devraient atteindre 200 milliards de dollars en 2010. Ces réserves sont dopées par la flambée des prix du pétrole : les recettes pétrolières de l'Algérie devraient dépasser 80 milliards de dollars en 2008. Le montant des liquidités dans les banques locales avoisine 30 milliards de dollars.

SE DEVELOPPER A L'INTERNATIONAL
L'ancien ministre des Finances Abdelatif Benachenhou a exprimé son soutien à la création d'un fonds d'investissement souverain, alimenté avec 30 % des réserves de change du pays. " Sonatrach a besoin d'un fonds souverain pour se développer à l'international ", a plaidé récemment Abdelatif Benachenhou, proche du président Abdelaziz Bo^^^^^ika. La compagnie nationale des hydrocarbures compte réaliser 15 % de son chiffre d'affaires à l'international à l'horizon 2015.

En plus de Sonatrach, les défenseurs d'un fonds souverain estiment que l'Algérie doit se doter d'un bras armé pour investir à l'étranger, en rachetant des sociétés et en faisant des placements rentables. " Le fonds souverain, qui peut être alimenté avec 30 % de nos réserves de change, réalisera 80 % de ses opérations à l'international ", a ajouté l'ancien ministre des Finances.

L'Algérie a les moyens de se doter d'un tel fonds et suivre l'exemple des monarchies pétrolières du Golfe (Émirats et Qatar) et récemment de la Libye. Outre les réserves de change qui représentent désormais quatre ans d'importations, les défenseurs du projet avancent plusieurs facteurs macroéconomiques comme arguments : réduction de la dette publique extérieure de l'Algérie à seulement 600 millions de dollars, faiblesse des capacités d'absorption de l'économie locale.

LES RETICENCES DE LA BANQUE D'ALGERIE
" À partir d'un stock de réserves de change équivalent à deux ans d'importations, on peut prendre des risques et investir à l'étranger via un fonds d'investissement souverain, explique à La Tribune un haut responsable bancaire algérien qui a requis l'anonymat. 20 % de nos réserves de change sont suffisantes pour lancer un fonds souverain. 30 % de ces réserves devront rester entre les mains de la Banque d'Algérie et 50 % devront aller au financement de l'économie nationale."

La Banque d'Algérie demeure réticente. " La banque centrale est excessivement conservatrice et les responsables politiques écoutent et suivent sa position ", ajoute le même responsable. Autrement dit, la Banque d'Algérie préfère continuer à gérer d'une façon extrêmement prudente dans des placements sûrs notamment des obligations du Trésor américain.

source : http://www.toutsurlalgerie.com/alger...rain-3979.html