Angela Merkel en visite en Algérie les 16 et 17 juillet

Berlin veut sa part du marché algérien

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Alger semble faire partie des priorités de la chancelière allemande déterminée à s’y faire une place au soleil au double plan économique et politique, refusant de laisser le champ libre à ses autres rivaux, notamment la France, comme l’indiquent les réticences qu’elle a affichées concernant l’union pour la Méditerranée, forçant Sarkozy à en modifier le contour.

Cette visite d’Angela Merkel intervient à un moment propice pour conforter la présence allemande en Algérie. Apparemment, c’est avec toutes les cartes en main que la chancelière allemande débarquera à Alger. Elle ambitionne de se replacer politiquement, d’abord afin que les relations économiques aient une meilleure assise. Pour se conforter sur ce plan, Berlin entend obtenir l’agrément des services du ministère algérien de l’Intérieur pour l’Institut Goethe et la Fondation Friedrich-Hebert, qui activent en Algérie dans, autant dire, la clandestinité.

Comme ces deux structures constituent un moyen de rayonnement de la culture allemande à travers le monde, il est important aux yeux d’Angela Merkel que les autorités algériennes accèdent à sa requête, surtout qu’elle est encouragée dans son entreprise par le fait que le British Council a obtenu son agrément. Par ailleurs, même si le déplacement de la chancelière dans la capitale algérienne aura lieu au lendemain du sommet de l’union pour la Méditerranée, les deux parties semblent avoir des points de vue pas très éloignés l’un de l’autre sur la question, d’où une concertation plus approfondie est attendue sur le sujet. En effet, Merkel a joué un rôle très important dans la configuration actuelle de l’union pour la Méditerranée, transformant radicalement le projet initial du président français qui ne concernait au départ que les États riverains de la Méditerranée. Désormais, ce sont les 27 pays de l’Union européenne qui sont engagés dans le projet. Sur le plan économique, il faut dire que les Allemands voient grand pour leur avenir en Algérie.

À commencer par le projet de la grande mosquée d’Alger, d’un coût de 3 milliards de dollars et dont l’étude a été confiée à un bureau germanique, que la chancelière se chargera certainement de défendre lors de ses entretiens avec le président Bo^^^^^ika, qui suit personnellement le dossier. Dans le domaine énergétique, Berlin, dont l’approvisionnement en richesses pétrolières algériennes ne dépasse pas 1%, ambitionne de développer l’énergie solaire dans notre pays. Le fait que l’Algérie dispose de l’un des gisements solaires les plus importants au monde intéresse au plus haut point les spécialistes allemands. Selon le président de la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie, Andreas Hergenröther, qui cite les conclusions d’une étude allemande sur le sujet, le gisement solaire algérien est évalué à plus de 3 000 heures de soleil par an et à 5 kWh d’énergie quotidienne reçue sur une surface horizontale de 1 m2 sur la majeure partie du territoire algérien. C’est un projet qui semble tenir à cœur aux Allemands, qui rejettent l'option de l'énergie nucléaire. Alors, ils misent énormément sur le solaire et comptent en faire un axe stratégique de leur politique énergétique.

Le savoir-faire allemand reconnu dans le domaine viendra à la rescousse de cette richesse délaissée en Algérie. Ainsi, de grandes firmes allemandes de la pétrochimie, de la chimie et autres sont sur le terrain pour de lourds investissements dont le volume dépasse le milliard d’euros, ajoute la même source. L’objectif premier étant de ramener le taux de l’énergie renouvelable à 6% d’ici à 2015. D’après Andreas Hergenröther, 160 compagnies allemandes activent dans plusieurs secteurs, et les engagements allemands envers l’Algérie sont divers et dépendent des orientations de l’économie allemande. Des contrats d’une valeur de plus d’un milliard d’euros et des investissements allemands sont prêts à être réalisés sur le terrain. Le responsable de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-allemande a également indiqué que la Deutsch Bank, l’une des plus grandes banques allemandes, a présenté l’année dernière, aux instances compétentes de la Banque d’Algérie, sa demande et le dossier de demande d’agrément. Une chose est sûre, Angela Merkel mettra à profit son séjour algérien pour assurer à son pays la plus grande part possible dans les projets d’investissement et de développement de l’Algérie, d’autant plus que sa cagnotte en devises estimée à plus de 100 milliards de dollars constitue un gage d’assurance supplémentaire.

source : http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=96261