Présidence française de l'Union européenne - les enjeux pour l'Algérie

Par hayet zitouni le 01/07/2008 à 16:37

La France a pris, mardi 1er juillet, les rênes de l'Union européenne pour les six prochains mois. Le président français Nicolas Sarkozy aura fort à faire pour relancer le processus européen en panne depuis le « Non » irlandais au traité de Lisbonne. C'est le second coup d'arrêt après le « Non » déjà exprimé par les Français à la Constitution européenne. Plus inquiétant, la Pologne vient de faire savoir qu'elle renonçait à faire ratifier ce traité de Lisbonne après la décision irlandaise. Autant dire que la France hérite de l'avenir de l'Europe au plus mauvais moment.

Mais Nicolas Sarkozy entend tout de même agir au plan européen pour tenter notamment de regagner une popularité en berne sur le plan intérieur. Avec des mesures qui devraient caresser l'opinion publique dans le sens du poil.

Et d'abord un « pacte européen pour l'immigration ». C'est cela qui intéressera au premier chef les Algériens. Autant dire que rien ne sera fait pour permettre une meilleure circulation des hommes entre les deux rives de la Méditerranée. Bien au contraire : un texte durcissant encore un peu plus les conditions d'entrée dans l'espace Schengen sera adopté sous la présidence française. Une harmonisation par le haut des législations européennes avec comme chefs de file l'Italie et la France. De nouvelles mesures édictées par la France en lois prises par les Italiens ou les Allemands et c'est toute l'Europe qui se ferme inexorablement. Dans le même temps les files d'attente pour des visas dans les Consulats européens en Algérie s'allongent au fur et à mesure que les espoirs s'amenuisent. Sans compter le phénomène des harraga qui devraient lui aussi s'accentuer dans les prochains mois. C'est connu : sans espoir d'entrer légalement, beaucoup de nos compatriotes, notamment les jeunes, seront tentés par l'aventure de l'émigration clandestine.

Dans le même ordre d'idées -mesures populaires et sur lesquelles il est facile de trouver un consensus entre les 27 États membres, la France s'apprête durant sa présidence à adopter un paquet de mesures en faveurs du climat et de l'énergie. Sur ces sujets l'Algérie surveillera d'un œil intéressé les dispositifs mis en place et comment l'Europe compte s'y prendre pour assurer sa sécurité énergétique alors que Chakib Khelil, le ministre de l'Energie et des mines s'est exprimé à Madrid « sur la sécurité de la demande » en matière pétrolière. Ou comment s'assurer que les mesures prises par l'Europe ne risquent pas de faire baisser irrémédiablement la demande pétrolière. Et d'atteindre les profits algériens.

On le voit : la France, dans le cadre d'une Europe refermée sur elle-même, prendra la tête d'une politique résolument tournée vers ses intérêts propres en faisant fi de ses voisins du Sud...mais il est vrai qu'il y a pour cela l'Union pour la Méditerranée et une belle photo de chefs d'État le 13 juillet à Paris pour faire oublier le tout.

source : http://www.toutsurlalgerie.com/alger...kozy-4051.html