Malaise à la Radio nationale



Le directeur de la Chaîne 1 de la Radio nationale a démissionné de son poste, a‑t‑on appris ce lundi 10 septembre de sources informées. Messaoud Bouletiour a pris cette décision en signe de protestation contre des mesures d’austérité décidées dernièrement par Chaabane Lounakel, directeur général de l’ENRS (Entreprise nationale de radiodiffusion sonore). Il s’agit notamment de la suppression des postes de producteurs d’émission. « Cela va réduire la Chaîne 1, la Radio nationale d’expression arabe, à une station ne diffusant que la musique, les infos et les jeux. C’est inacceptable », estime un journaliste.
Sans producteurs, la Chaîne 1 ne peut pas offrir d’émissions pour étoffer la grille de la rentrée. Selon d’autres sources, le directeur de la Chaîne 1 a refusé de se séparer de certains collaborateurs extérieurs à la radio, sollicités pour la production d’émissions. D’où la décision de la direction générale de l’inviter à présenter sa démission.

La mesure de Chaâbane Lounakel touche également la Radio culturelle, une station oubliée et mise à la marge depuis des années. La Chaîne 3 a, quant à elle, mis fin aux conventions qu’elle avait avec des collaborateurs extérieurs.

La semaine écoulée, les comédiens de la section théâtre radiophonique de l’ENRS ont menacé de recourir à la grève et à l’organisation d’un sit‑in pour dénoncer la décision de la direction générale de supprimer cette section pourtant aussi ancienne que la radio elle‑même. Une note affichée dans les bureaux de la radio invitait les comédiens à remplir une fiche de vœux pour être orienté vers d’autres services (réalisation, animation, etc.) Les comédiens ont reproché à la direction de n’avoir consulté personne avant de prendre cette mesure. Le mouvement de contestation a forcé les responsables de la radio à revenir sur leur décision.

Il reste que la radio d’État, avec sa quarantaine de chaînes locales et thématiques, souffre de manque de moyens matériels, d’une pléthore de personnel et d’absence de liberté de ton dans le traitement de l’actualité nationale. Elle fait visiblement face à des difficultés financières. D’où les mesure de réduction des dépenses.

Les prochains mois, les salaires des journalistes et personnels d’antenne seront revus à la hausse, en application des décisions prises du temps de Nacer Mehal, ex‑ministre de la Communication. L’entrée en vigueur de la hausse salariale a pris beaucoup de retard, selon les journalistes. C'est déjà un dossier épineux pour le nouveau ministre de la Communication, Mohamed Saïd. Celui‑ci a rendu visite la semaine écoulée au siège de la radio et de l'ENTV pour évoquer le service public. Un thème qui a fait l'objet dernièrement d'un séminaire organisé par l'ENRS avec la BBC et Radio France.


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