Bo^^^^^ika donne feu vert à Sellal



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Entre le président de la République et son nouveau Premier ministre Abdelmalek Sellal, l’osmose parait totale. Ou presque. Contrairement à son prédécesseur, Ahmed Ouyahia, dont les rapports avec le président, étaient réduits au minimum syndical exigé par le protocole, M. Sellal semble bénéficier d’une grande confiance de Abdelaziz Bo^^^^^ika. En atteste la décision de ce dernier de lui confier l’une des prérogatives qu’il s’est octroyée à la faveur de la révision constitutionnelle de 2008. L’actuel Premier ministre vient en effet de bénéficier d’une «faveur» présidentielle que son prédécesseur n’a pas pu avoir : celle de réunir les membres du gouvernement ! Bien qu’elle paraisse aussi bizarre que paradoxale elle n’en est pas moins vraie.
Les Algériens découvrent que leur Premier ministre ne peut même pas convoquer une réunion de son staff, si le président ne le lui demande pas. L’amendement constitutionnel de 2008 a en effet transféré cette attribution de l’ancien chef du gouvernement vers le président de la République, devenu l’unique chef incontesté de l’exécutif.
Mais voilà que le président a décidé désormais de «rendre» cette prérogative de réunir le gouvernement à son premier ministre. Un décret présidentiel n° 12-327 promulgué le 4 septembre 2012 donne ainsi la «délégation au Premier ministre à l’effet de présider les réunions du Gouvernement». Cette délégation, souligne le décret a été donnée «conformément aux dispositions de l’article 77-7 6 de la Constitution». Un article qui fixe les prérogatives du chef de l’Etat.

Sellal peut réunir ses ministres…

Ainsi, et en vertu de ce décret, le Premier ministre Abdelmalek Sellal est désormais «autorisé» par le président de la République à réunir ses ministres. Du coup, on se rend compte que l’ex-Premier ministre n’avait pas le pouvoir de réunir son staff, contrôler le travail de chaque ministre et encore moins sermonner ceux qui trainent le pas. C’est l’un des premiers enseignements qu’on pourrait tirer de ce décret présidentiel. Bien qu’elle parait être une simple prérogative technique qui rentre dans le fonctionnement normal d’un gouvernement, on apprend désormais qu’Ahmed Ouyahia n’y était pas autorisé.
Dés lors qu’un Premier ministre n’est pas libre de ses mouvements, y compris avec ses ministres, est-il raisonnable de le tenir pour seul responsable d’une faillite de l’exécutif ? La question se pose d’autant plus que l’ex-Premier ministre n’avait pas hésité à lancer en juin dernier son fameux : «si échec il y a, il est collectif !». Une manière de signifier qu’il n’avait pas les coudées franches pour faire ce qu’il voulait entreprendre.

Ouyahia a-t-il eu raison ?

Et par extension, le coup d’arrêt qu’a connu le gouvernement pourrait s’expliquer par ce manque de pouvoir de décision dont aurait souffert Ouyahia depuis 2008. Ayant les pieds et les poings liés, Ahmed Ouyahia ne pouvait donc pas bouger dans une reconfiguration institutionnelle qui ne lui laisse presque aucune marge de manœuvre.
Pourquoi alors le président de la République a laissé Ouyahia et son équipe en position de stand by, alors qu’il aurait pu le limoger à temps et nommer quelqu’un – comme Sellal- qui a ses faveurs ? Mystère. Le président aurait ainsi pu éviter une léthargie aussi préjudiciable au pays qui n’en a pas besoin en ces moments d’incertitudes au niveau régional.
Quoi qu’il en soit, il se confirme maintenant que le président de la République est parfaitement à l’aise avec son nouveau Premier ministre à qui il a lâché cette petite prérogative. Il faut dire que le profil de Abdelmalek Sellal qui n’a pas d’ambitions politiques semble avoir rassuré le président qu’il est l’homme qu’il faut. Sellal est chargé de manager son équipe, multiplier les réunions et même faire de la «Com» pour marquer la différence avec l’équipe Ouyahia. Pour Bo^^^^^ika, c’est peut-être une façon d’asséner le coup de grâce à son ex-collaborateur, limogé dans des conditions encore obscures. Un Sellal hyper actif marquerait forcément la différence avec un Ouyahia en hibernation, en effet.



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