Le géant espagnol Indra pour informatiser le fisc algérien

Par sonia lyes le 05/07/2008 à 08:54

Le groupe public espagnol Indra, spécialisé dans l'électronique de défense et les systèmes d'information et technologiques duaux (à double usage civil et militaire), a été choisi par le ministère des Finances pour la fourniture et l'installation d'un système informatisé global destiné à différentes directions et inspections du fisc algérien, a appris toutsurlalgerie.com auprès de source proche du dossier. Cette opération a pour but de moderniser les structures des Impôts. Montant : 27 millions d'euros. Un tel montant pour un contrat de services est exceptionnellement élevé. Il s'explique par la qualité de la prestation attendue de la part de l'espagnol et surtout l'ampleur de la tâche qui attend ce groupe pour mener à bien le projet.

En effet, la Direction général des impôts (DGI), avec une présence à travers tout le territoire national et des millions de données traitées annuellement, est l'une des plus importantes administrations du pays. En plus des salariés dont les prélèvements sont effectués à la source, la DGI gère trois grandes catégories de contribuables. La première concerne les grandes entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires annuel de plus de 10 millions de dinars. Cette catégorie d'entreprises dispose d'une comptabilité claire et ne pose pas de vrais soucis pour les services fiscaux. La deuxième catégorie, la plus importante, concerne les PME, les commerçants et les importateurs. « Cette catégorie est la plus importante en nombre. La dissimulation d'une partie des revenus fait partie de leurs pratiques courantes », selon une source fiscale. Enfin, la 3ème catégorie concerne les TPE (petits artisans, commerçants de quartier...). « Ils sont soumis généralement au forfait mais restent difficilement contrôlables », souligne la même source

Actuellement, les impôts travaillent avec des méthodes archaïques, une situation qui favorise la fraude et l'évasion fiscale. Tous les ans, l'évasion fiscale s'élève à plusieurs milliards de dollars. « Aujourd'hui, un contribuable peut facilement faire disparaître son dossier fiscale. Il suffit de « payer » un agent du fisc pour qu'il le déchire ou le brule, faisant ainsi disparaître toute trace », explique notre source.

Dans ce contexte, Indra aura pour lourde tâche de saisir toutes les données que les Impôts possèdent dans le nouveau système et former le personnel de la DGI, peu habitué à l'usage de l'informatique, aux techniques nouvelles et à l'utilisation correcte des nouveaux systèmes qui seront installés.

En plus de la gestion quotidienne des dossiers et la réduction de la fraude, la DGI doit également faire face à de nouveaux défis. Parmi eux, l'entrée du nouveau système comptable et financier national, inspiré des normes internationales dites IFRS, qui sera mis en application à compter du 1er janvier 2009. Il va remplacer le plan comptable actuel qui date de 1975.

Autre défi : participer à la réglementation d'un marché où l'informel et les pratiques douteuses dominent. Actuellement, l'usage du chèque et de la facture n'est pas de vigueur dans un pays habitué à l'utilisation des espèces et aux transactions commerciales non-officielles. Enfin, Indra va aider la DGI à réduire la liste des fraudeurs qui ne cesse de grimper. Selon une source du ministère des Finances, ils seraient actuellement près de 11 000 à échapper à tout contrôle des agents du fisc.

source : http://www.toutsurlalgerie.com/contenu.php?id=4091