Google plonge à Wall Street après la publication accidentelle de mauvais résultats


BOURSE - En général, les résultats sont publiés après la clôture des marchés...

L'action Google dévissait jeudi à Wall Street après la publication de résultats de loin inférieurs aux attentes des analystes pour son troisième trimestre, à la fois en terme de bénéfice et de chiffre d'affaires.
Les échanges ont été suspendus en attendant que la version définitive des résultats soit publiée. Selon Google, l'imprimeur chargé d'éditer ses résultats, RR Donnelley , a publié par erreur un brouillon du document sans autorisation.

Vers 20h30, l'action GOOG enregistrait une chute de 9,01% à 687,39 dollars. La veille, Google s'échangeait à ses plus hauts historiques après avoir grimpé de 30% en trois mois.

-20% sur le bénéfice net

Google a annoncé un plongeon de 20% de son bénéfice net à 2,18 milliards de dollars. Hors exceptionnels, le groupe indique avoir dégagé un bénéfice de 9,03 dollars par action, alors que le consensus Thomson Reuters I/B/E/S anticipait 10,65 dollars. Le chiffre d'affaires, hors coûts d'acquisitions liés au trafic, s'est inscrit à 11,3 milliards de dollars, alors que les investisseurs anticipaient 11,9 milliards.

Google montre bien des difficultés à intégrer le rachat, pour 12,5 milliards de dollars, du fabricant de téléphones mobiles Motorola Mobility, censé devenir le fer de lance de sa présence sur le marché des smartphones et une vitrine de son système d'exploitation Android.

Le défi de la mobilité

Le groupe peine également sur son coeur de métier, avec un quatrième trimestre consécutif de recul du coût moyen du clic, un baromètre qui détermine le prix que payent les annonceurs au moteur de recherche. Cette mesure a diminué de 15% par rapport au troisième trimestre 2011 et de 3% par rapport au deuxième trimestre de cette année. Les analystes sont nombreux à souligner que Google, comme beaucoup d'autres acteurs de l'industrie de l'internet, ne parvient pas à s'adapter assez rapidement aux nouveaux usages de ses utilisateurs, de plus en plus nombreux à privilégier le mobile ou la tablette.

«L'activité de coeur de métier a ralenti de manière assez sensible, ce qui est choquant», a souligné Sameet Sinha, analyste de B. Riley. «La seule conclusion que je puisse en tirer c'est que la recherche se passe de plus en plus souvent en dehors de Google, ce qui signifie que les utilisateurs cherchent davantage via leurs applications que par le moteur de recherche de Google.»

«Cela pourrait refléter une mutation durable, en particulier lorsque l'on en vient à l'e-commerce. La grande crainte a toujours été de savoir ce qui se passerait si les consommateurs allaient directement faire leurs recherches depuis Amazon. Potentiellement, c'est ce qui pourrait être en train de se passer.»


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