Le 12 octobre, la Cour de cassation italienne a reconnu implicitement un lien entre l’utilisation intense d’un téléphone mobile et une tumeur cancéreuse du crâne chez un cadre d’entreprise. De quoi relancer ce débat de santé publique, selon les associations de médecins françaises.

Après 10 ans de procédures judiciaires, la Cour de cassation de Brescia (Italie) vient d’admettre que la tumeur bénigne décelée en 2002 sur un ganglion situé du côté gauche du crâne, chez un cadre nommé Innocente Marcolini, était liée à l’utilisation professionnelle intensive, par ce dernier, d’un téléphone mobile, à raison de 5 à 6 heures par jour durant 12 ans. Un taux d’invalidité de 80 % lui a été reconnu.

Une décision de justice – première du genre en Italie – qui permet de relancer, sur des bases relativement solides, le débat sur les éventuels liens de cause à effet entre les ondes électromagnétiques émises par les portables et de possibles cancers ou tumeurs. "(…) La notion de débat est [ainsi] reconnue", commente le Dr Patrice Halimi, fondateur de l'Association Santé Environnement, dont sont membres 500 médecins.

Si, en 2011, l'OMS déclarait : "il n'a jamais été établi que le téléphone portable puisse être à l'origine d'un effet nocif pour la santé", l’une de ses émanations, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) évoque – paradoxe ! – "les effets cancérigènes possibles pour l'homme" des ondes issues des mobiles.

En 2008, l’étude baptisée "Interphone", validée et publiée par l'Académie de médecine, avait rejeté toute corrélation de ce genre. Elle était signée par le comité scientifique de Bouygues Telecom…

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