L’Etat chinois met fin à l’anonymat en ligne pour mieux contrôler Internet


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La Chine vient d’adopter un ensemble de résolution qui oblige les Internautes à s’identifier avec leur vrai nom avant de se connecter à Internet, mettant ainsi un terme à l’anonymat dans un pays où la liberté de parole est menacée.
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« La Chine adopte une nouvelle réglementation pour gérer les informations en ligne afin de protéger la vie privée ». C’est en ces termes que l’agence de presse Chine Nouvelle annonce ce qui pourrait bien être une dernière mise à sac des libertés en ligne dans l’ex-Empire du Milieu. Même si de fait, une partie des mesures prises vendredi 28 décembre dernier touchent à la protection des données privées et à leurs utilisations commerciales.

La mise à mort de l’anonymat

Un ensemble de réglementations, adoptées par le Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire au terme d’une session de cinq jours, est en effet consacré au sujet. Mais d’autres sont bien plus inquiétantes. Parmi ces directives, qui ont force de loi, l’article 12 impose à une personne de donner sa véritable identité avant de se connecter à Internet. « Les fournisseurs d’accès demanderont aux utilisateurs de fournir des informations d’identité authentiques quand ils signeront les conditions générales d’utilisation pour accéder à Internet, à une ligne téléphonique fixe ou à un service de téléphonie mobile. » La curée pourrait s’arrêter là, mais une petite phrase se rajoute en complément de cette dernière, l’identification avec son vrai nom sera également nécessaire pour « autoriser les utilisateurs à poster des informations publiquement ».
Autrement dit, les autorités chinoises viennent de mettre à mort l’anonymat en ligne.

Censure a priori et flicage

Ces décisions du Comité permanent impliquent également un contrôle renforcé des FAI. Ceux-ci devront « immédiatement interrompre la transmission d’informations illégales une fois qu’elles sont détectées et prendre les mesures adéquates ». Une censure a priori qui peut déboucher sur le retrait des informations et sur la conservation d’une copie avant d’alerter les autorités.
Cet ultime pas vers une tentative de contrôle d’Internet en Chine est très préoccupante, surtout quand on sait que les autorités chinoises se sont lancées dans la chasse aux VPN, ces réseaux privés virtuels qui permettent à certains Chinois de contourner les contrôles stricts imposés à l’utilisation d’Internet. Certains fournisseurs de VPN indiquaient même récemment que le gouvernement chinois avait trouvé un moyen d’identifier et d’interrompre les connexions VPN, coupant ainsi les utilisateurs d’un Net totalement libre d’accès.

Identité numérique unique

Voici donc une des dernières briques de la grande muraille numérique que la Chine crée pour se préserver des effets « néfastes » d’Internet. C’est aussi la manifestation indéniable d’une évolution d’Internet, sans aller parler d’une scission. On notera également, toute proportion gardée, que l’authentification unique grâce à un compte Facebook sur de plus en plus de sites Web est une autre forme de cette mise à bas de l’anonymat. Volontaire, cette fois. En Chine, quoi qu’il en soit, l’année n’est pas encore terminée et pourrait bien nous réserver d’autres surprises de ce genre.

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c'est malheureux pour un pays qui possède la plus grosse bande passante au monde Cliquer ici pour agrandir