Guerre au Mali : L’Algérie perd sa voix


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Vingt quatre heures après l’entrée en guerre de la France au Mali, la diplomatie algérienne reste encore aux abonnés absents. Il est tout simplement hallucinant de faire ce constat de carence d’un pays pourtant fortement engagé dans la recherche d’une solution politique à la crise malienne. Pas une voix n’a jugé utile d’éclairer l’opinion algérienne sur la conduite à tenir face à ce conflit armée qui se déroule depuis vendredi à une portée de fusil de nos frontières sud. A croire que cela ne nous concerne pas, ou plus… !

La petite déclaration du MAE critiquant l’invasion des groupes terroristes qui vient tout juste de tomber sur le fil APS, est largement en retard par rapport aux événements. Pourtant, l’agence officielle a cru opportun de faire une tartine sur une rencontre de type «artisanale» à Adrar qui a réuni un aréopage… d’imams et autres notables locaux qui devaient «régler» pacifiquement la crise malienne !
Sans rire, une longue dépêche a été envoyée depuis Adrar pour rendre compte d’une rencontre tribale au moment même où les forces françaises avaient déjà lancé l’assaut contre les positions des terroristes du nord ! Et alors que les premières nouvelles du «front» commencent à tomber avec cet hélicoptère français abattu et le nom du soldat qui a péri à bord ainsi que la centaine d’is^^^^^^^s tués, à Alger, c’est toujours motus bouche cousue.
Aux affaires étrangères, on promet vaguement une réaction en fin d’après midi… Le fait est que c’est le patron du Quai d’Orsay, Laurent Fabius qui nous informe depuis Paris : «Nous avons aussi informé nos amis algériens» (sic). Si les Algériens savaient que leur gouvernement ne pouvait pas avoir cette capacité de réaction le jour même, ils ne s’expliquent pas comment, 24 heures plus tard, aucun responsable ne juge encore utile de les tenir informés de cette guerre.

Merci qui ? Merci Fabius…

Tout se passe comme s’il s’agit de choses trop sérieuses pour les laisser à l’appréciation de l’opinion publique. De fait, le pouvoir s’est totalement coupé du peuple à qui il ne sent visiblement aucune obligation de rendre compte.
Cette manière de faire dénote de la considération que témoignent les responsables à quelque niveau que ce soit de la responsabilité, au peuple algérien réduit à un simple électeur qui lui fait la claque.
En France, le président Hollande a tout de suite improvisé une adresse à la nation dans laquelle il a brièvement informé son peuple des tenants et des aboutissants de cette offensive contre les terroristes au Mali. De la même manière, toutes les institutions de la République française se sont mises en branle pour éclairer l’opinion sur cette affaire.
Les partis politiques qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition se sont tous exprimés sur le sujets. Le Premier ministre Jean Marc Ayrault a tôt fait d’inviter les responsables de tous les partis et les chefs des groupes parlementaires pour leur donner le détail de l’offensive. Et comme il l’a promis, l’affaire sera portée lundi devant l’Assemblée nationale française.

Une réaction en mode diesel…

En Algérie, les responsables semblent avoir avalé leurs langues. Les médias ne savent plus par quel bout prendre cette guerre au Mali en l’absence d’une lecture officielle des événements. On comprend bien la gêne du ministère des affaires étrangères habitué il est vrai à faire des démentis faute de pouvoir communiquer.
Et cette affaire du Mali confirme une fois de plus la faillite de la communication institutionnelle y compris quand il s’agit de rassurer les Algériens que nos frontières sont suffisamment étanches pour repousser d’éventuelles incursions de groupes armés.
Après avoir alimenté la chronique politique du Mali à coup de missions de bons offices et autres rencontres de réconciliation entre Ançar Eddine et le MNLA, l’Algérie a subitement perdu la voix quand les armes ont commencé à «parler».
Même si on a fini en cette fin d’après midi d’avoir enfin une réaction officielle endossée par les AE, cela n’enlève en rien au cafouillage constaté. Le temps de réaction des responsables algériens est hélas encore en mode “diesel”


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