Union européenne - adoption d'un pacte sur l'immigration

Par hayet zitouni le 08/07/2008 à 08:40

Organiser l'immigration légale « en tenant compte des priorités, des besoins et des capacités d'accueil » de chaque Etat membre; lutter contre l'immigration illégale « en assurant le retour dans leur pays d'origine des immigrés en situation irrégulière »; « renforcer l'efficacité des contrôles aux frontières »; bâtir une « Europe de l'asile »; « créer un partenariat global avec les pays d'origine » : à travers ces cinq « engagements fondamentaux », la France a hier convaincu ses partenaires européens réunis à Cannes de se doter d'une « vraie stratégie » de gestion des flux migratoires.

Ce dispositif durcit la législation européenne et de nombreuses associations ont dénoncé « cette Europe Bunker ». Pour le ministre français en charge des questions d’immigration Brice Hortefeux : « Le pacte ne promeut ni une Europe forteresse, ni une Europe passoire ».

Il s’agit d’un texte qui reste imprégné du concept d'« immigration choisie », chère au président français Nicolas Sarkozy.

Dans son préambule, le document souligne la « chance » que peuvent être les migrations, rappelant qu' « elles contribuent à la croissance économique de l'Union et des Etats membres qui ont besoin de migrants, en raison de leur situation démographique ou de l'état de leur marché du travail. » Il ajoute que « l'Union européenne [UE] n'a to^^^^ois pas les moyens d'accueillir dignement tous les migrants qui espèrent trouver une vie meilleure. L'organisation de l'immigration doit donc prendre en compte les capacités d'accueil de l'Europe, sur le plan du marché du travail, du logement, des services sanitaires, scolaires, sociaux. » Les Etats sont ainsi invités « à mettre en place une politique d'immigration choisie, notamment en fonction de tous les besoins du marché du travail, et concertée, en tenant compte de l'impact qu'elle peut avoir sur les autres Etats membres ». Le Pacte appelle les Vingt-Sept Etats membres de l’Union européennes à développer l'immigration professionnelle, et à renforcer l'attractivité de l'UE pour les travailleurs très qualifiés et les étudiants. Mais il ne va pas au-delà de l'affirmation de principe. »

Les Etats s'engageront à favoriser « l'intégration harmonieuse » des migrants, en prenant des « mesures spécifiques » pour favoriser l'apprentissage de la langue et en mettant l'accent sur le « respect des identités des Etats membres et de l'Union européenne ainsi que de leurs valeurs fondamentales ». La France a dû renoncer, sous la pression des Espagnols, à imposer aux nouveaux arrivants la signature d'un contrat d'intégration.

Le Pacte invite les Vingt-Sept à renforcer leur coordination contre l'immigration irrégulière. Les Etats devront « assurer l'application effective » de la règle selon laquelle « les étrangers en situation irrégulière sur [leur] territoire doivent quitter ce territoire ». A cette fin, ils renonceront aux régularisations « générales » et concluront, « avec les pays pour lesquels c'est nécessaire, des accords de réadmission ». La France demande à ses partenaires de s'engager à généraliser la délivrance de visas biométriques au plus tard le 1er janvier 2012 et à renforcer les moyens de l'agence chargée de coordonner l'action des polices aux frontières.

Dans son dernier chapitre, le Pacte souligne la « pertinence » de l' « approche globale » des migrations « qui traite de l'organisation de la migration légale, de la lutte contre l'immigration irrégulière et du développement des pays d'origine ».

source : http://www.toutsurlalgerie.com/Union...acte-4130.html