Bientôt des conventions pour combler le vide Juridique Le e-commerce prend son envol en Algérie

La française Octave.Biz, installée à Alger depuis quelques mois, propose aux distributeurs algériens de développer cette activité naissante qui présente un fort potentiel. Sourcing, shooting photos, pricing, voilà des mots complètement étrangers à notre lexique quotidien qui bousculent nos habitudes pour finir par nous présenter un nouveau mode de consommation… la vente en ligne (sur Internet). La question se pose alors d’elle-même : estil venu le temps de parler véritablement de l’avènement du e-commerce en Algérie ? Il semble que oui et plus que jamais et à plus forte raison que les banques ne constituent plus la pierre d’achoppement pour le développement de cette activité… du moins en apparence. Lors de la rencontre-débat organisée, hier, par l’Agence française pour le développement des entreprises UbiFrance, en collaboration avec Octave.Biz, beaucoup de choses ont été dites faisant ressortir l’amorce de cette activité malgré le vide juridique qui entrave son essor. Selon de nombreux témoignages des e-commerçants, l’activité prend son envol attestant d’un réel intérêt du consommateur algérien et surtout de l’existence d’un fort potentiel. Certes, l’on assiste à des débuts timides empreints de suspicion de la part du consommateur que du côté des commerçants. Comment peut-il en être autrement lorsqu’il n’existe pas l’adhésion des pouvoirs publics qui ne semblent pas du tout pressés de régulariser et de légaliser le e-commerce. Il est évident qu’à l’heure actuelle, il serait plus honnête de parler de vente à distance ou par correspondance plutôt que de e-commerce malgré tous les efforts fournis par les différents Webs marchands pour proposer un nouveau mode de consommation. La vente en ligne qui suppose le e-paiement (paiement électronique) n’étant pas encore possible, il y a recours à d’autres modes de paiement à travers le chèque et les virements (bancaire et CCP) pour contourner cet obstacle et lancer cette activité. Cela n’implique alors aucune concurrence mais plutôt la création d’un environnement adéquat pour son éclosion et inculquer au consommateur algérien un nouveau mode de consommation. Mais pas seulement, il s’agit aussi de convaincre les différentes marques d’y adhérer pour constituer le cœur même du site qui ne peut être efficace, entre autres, que par la diversité et la disponibilité des produits proposés. Selim Mazni, chargé de développement Export Algérie auprès d’Octave.Biz, en parle dans le détail pour expliquer que son entreprise spécialisée dans la création de sites e-commerce et présente Nechrifenet.com comme première expérience. Avec une cinquantaine de points de relais répartis sur le territoire national, ce site marchand présente une bonne opportunité pour le consommateur algérien qui bénéficiera d’une livraison gratuite dans un délai ne dépassant pas les 72 heures. Celui-ci devra payer par chèque ou par virement et jouit d’une grande palette de produits. C’est aussi un moyen de créer de nouveaux métiers (shooting photos, relations clients, centre d’appels) et tout ce que cela suppose comme logistique à développer du moment qu’il est question d’une centrale d’achat. Il est nécessaire de maîtriser tout le processus de gestion des stocks, rationalisation du transport, distribution, etc. Le e-commerce aujourd’hui devient une réalité que les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer, surtout avec l’apparition des pionniers qui semblent déterminés à faire émerger cette activité. Newel Benkritly, directrice de la Satim (Société d’automatisation des transactions interbancaires et de monétique), qui a pris part au débat, a affirmé qu’il existe une réelle avancée dans le domaine. Tantôt avertissant, tantôt rassurant, son discours se base sur le fait que “des textes sont au stade de maturation pour combler le vide juridique et seront sous
forme de conventions à même de garantir l’aspect légal”. Et de préciser : “La loi algérienne interdit l’intermédiation.” Ceci implique un frein à la vente en ligne qui a recours à des points relais à défaut, actuellement, à la livraison à domicile. Certes, la vente en ligne permet un certain nombre d’avantages, notamment en termes d’accessibilité au produit, le gain de temps mais présente aussi des risques que la loi algérienne ne prend pas en charge en cas de litige. La rencontre d’hier a eu le mérite, en tout cas, de fédérer et faire avancer le débat et créer un lien qui n’existait pas entre les e-commerçants et les pouvoirs publics. La création de l’association des e-commerçants, dont il est question ? Sera-t-elle le déclic pour débloquer le processus.