Bande 700 MHz pour les télécoms : ça va couper, prévient l'audiovisuel

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Le secteur audiovisuel monte au créneau pour critiquer l'attribution de fréquences en bande 700 MHz pour les réseaux mobiles, craignant des problèmes techniques insolubles, notamment lors des grands directs.
En décidant de réattribuer une partie des fréquences de la bande 700 MHz aux opérateurs mobiles pour renforcer leurs capacités et les aider à répondre à la montée rapide de la consommation data mobile, le gouvernement est loin de faire des heureux.
Les opérateurs télécoms ont déjà déboursé plusieurs milliards d'euros pour les fréquences 4G 800 MHz et 2600 MHz, pensant que la prochaine disponibilité des réserves de fréquences n'interviendrait pas avant l'approche de la fin de la décennie.

Or c'est dès 2016, voire 2015, que le processus d'enchères pourrait être enclenché pour ce deuxième dividende numérique. Les fréquences proposées dans la bande 700 MHz seraient retirées au pool de fréquences du secteur audiovisuel, de la même manière que le premier dividende numérique a concerné la bande 800 MHz et les fréquences libérées par la migration vers la diffusion TNT.

Le secteur audiovisuel a déjà exprimé son insatisfaction à se voir retirer une partie des fréquences 700 MHz, affirmant que cela aurait des conséquences sur les possibilités de diffusion en très haute définition. Il leur a été répondu que les progrès techniques en matière de compression de flux devraient pouvoir résoudre cette problématique.

Les syndicats de l'audiovisuel craignent les interférences
Désormais, c'est au tour des syndicats de l'audiovisuel de monter au créneau contre une réattribution trop hâtive. Dans un communiqué commun, cinq d'entre eux (Fesac, Ficam, Prodiss, Senep, Synpase) affirment que la décision du gouvernement ouvre la voie à des problèmes techniques insurmontables lors de la diffusion des grands événements en direct.
Les fréquences seraient "indispensables au bon fonctionnement des microphones et liaisons sans fil utilisés pour les émissions en direct, les concerts et les grands événements culturels et sportifs." Ils craignent des problèmes d'interférence pour lesquels le secteur n'a pas d'alternative.

" Si un tel choix est entériné, des événements reconnus, tel le Tour de France, Roland Garros ou le défilé du 14 juillet ne pourront être réalisés sans rencontrer des problèmes techniques majeurs incluant coupures de son en direct et brouillages parasites ", soulignent les syndicats.
Ils appellent à une réattribution des fréquences 700 MHz remise à 2019 au mieux pour pouvoir anticiper sereinement cette évolution. Pas sûr que cela soit suffisant pour faire oublier la coquette somme que pourrait rapporter l'attribution de nouvelles fréquences pour le gouvernement...


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