300 milliards «dorment» dans les caisses des APC


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Au niveau de la wilaya de Bouira, certaines APC accusent un retard criant, pénalisant, par conséquent, toute la wilaya dans sa suite.

Le wali de Bouira, M. Nacer Maaskri a réuni, lundi dernier, les maires des 45 communes de la wilaya, afin de faire le point sur la gestion des municipalités. Et le moins que l’on puisse dire, est que cette réunion a démontré, une fois de plus, que nos municipalités souffrent d’une gestion approximative. Ainsi, le Premier magistrat de la wilaya, a entamé son constat avec un chiffre qui donne le tournis. 300 milliards de centimes « dorment » dans les caisses des 45 communes que compte la wilaya, ou sont « bloqués » avec un terme plus administratif. Ce montant faramineux, a carrément scandalisé le wali. « Lors de mes déplacements, certains d’entre vous (P/APC, ndlr), me disent que les caisses sont vides. Alors que, j’ai des chiffres qui disent le contraire ! Je voudrais qu’on m’explique cette situation », a-t-il lancé aux élus présents. M. Maaskri citera quelques communes « riches » clamant, haut et fort, que leurs caisses sont à sec. Ainsi, on apprendra que la commune de Bouira a plus de 36 milliards de centimes de budget non consommé, Ain Türk 24 milliards, celle de Ain Bessam emmagasine 20 milliards, Aomar 16 milliards de centimes, etc. « Nous avons des sommes assez importantes. Qu’est-ce qui nous empêches de les utiliser ? », s’est interrogé le wali tout en décochant assez subtilement une flèche à l’égard des P/APC. « Si vous ne savez pas comment utiliser cette manne, n’hésitez pas à demander. On est là pour vous orienter (…) Mais s’il vous plait, arrêtez de vous plaindre en prétextant que vous n’avez pas d’argent. Avec 3 milliards de dinars, on peut faire des prodiges. Mais à condition d’avoir une gestion saine au niveau des communes», a-t-il indiqué. Il est vrai que bon nombre d’élus imputent les retards dans leurs communes au « manque de moyens » et n’hésitent pas à quémander l’aide de l’État. Cependant, ces chiffres illustrent une toute autre situation, qui est l’incapacité des élus, passés ou actuels, à faire bon usage des différents budgets octroyés. Ceci a poussé certains membres de l’exécutif à faire un parallèle quelque peu osé, mais assez juste de la situation. « Certains maires, sont comme les faux mendiants qu’on croise sur nos trottoirs ».

Le directeur de la DRAG enfonce le clou !

Par la suite, le directeur de la réglementation et l’administration générale (DRAG), fera un exposer assez détaillé sur la gestion des diverses municipalités de la wilaya. Lors de son intervention, il a mis en surbrillance bon nombre de carences relevées au niveau des assemblées communales. Parmi elles, l’orateur citera « l’incapacité des 42 communes sur 45 à voter leur régiment intérieur (un document type, ndlr), des négligences au service des contentieux au niveau de l’ensemble des APC, les méconnaissances ou le manque de maîtrise des textes de lois et autres aspects législatifs, certains proposés à la légalisation des documents ont une connaissance très limitée de leurs fonctions et procèdent à une légalisation anarchique des documents au mépris de la réglementation en vigueur, d’énormes difficultés du retrait du l’extrait de naissance 12S pour les citoyens expatriés … ».

Par ailleurs, ce responsable portera à la connaissance de l’assistance, qu’en matière de règlement du problème des parkings illicites, la wilaya de Bouira a enregistré un taux de 90% de parkings légalisés. Cependant, au niveau du chef-lieu de la wilaya, ce taux connaît une nette baisse, avec seulement 17 places de parkings règlementés sur les 34 recensés soit 50%, ce qui reste est « faible » selon l’intervenant. Autre grief retenu contre certaines APC, celui de permettre l’implantation sauvage des fabriques de parpaings sur les bords de routes, notamment dans la région Est de la wilaya. Il est vrai que le tronçon de la RN5, entre Bechloul et Ahnif, connaît une nette prolifération de fabriques de parpaings et d’agglomérés. Selon le directeur de la DRAG de Bouira, ces fabriques ont reçu « la bénédiction » des élus, malgré le fait qu’elles fuguent dans les canevas des activités classées, à cause des nuisances qu’ils causent aux riverains. Enfin, le volet de l’agrément accordé aux associations religieuses et autres, au niveau de la wilaya, a été abordé et le moins que l’on puisse dire, est que d’après ce directeur, les APC ont une méconnaissance totale de leurs prérogatives en matière d’agrément. En effet, la loi n°12-06 du 18 Safar 1433 correspondant au 12 janvier 2012 relative aux associations, l’article 09 stipule que le récépissé d’enregistrement est délivré par le wali, en ce qui concerne les associations de wilaya. D’après le rapport de ce directeur, certains élus outrepassent leurs prorogatives en accordant l’agrément à ces association, ce qui constitue « une faute grave », selon l’intervenant. To^^^^ois, le wali a préféré ne pas stigmatiser les élus en déclarant que « Tout ce qui vient d’être relaté par le directeur de la DRAG, n’est pas un blâme, c’est juste un constat. Ce dernier, doit être pris d’une manière positive, afin de corriger le tir et atténuer les carences précitées », a-t-il assuré.

«Transcendez vos problèmes dans l’intérêt de tous !»

Commentant quelques points cités dans le rapport de la DRAG, le chef de l’exécutif de Bouira dira que « la réglementation est clair et limpide. Il faut juste l’appliquer. On ne vous demande pas de faire des miracles ». À propos de l’adoption du régime intérieur, le wali lancera : « Qu’est-ce que vous attendez ? Ce n’est qu’une pure formalité ». Concernant les « défaillances » enregistrées au niveau des commissions des litiges, le wali tonnera : « Certains litiges nous font perdre des milliards. Si vous n’êtes pas capables de vous défendre, avisez-nous, on le fera à votre place », s’exclamera-t-il, avant d’ajouter : « Expliquez-moi comment, à chaque fois, la wilaya perd des affaires et se retrouve à verser des millions de dinars pour rien. C’est devenu systémique. Vous commettez des erreurs et vous n’êtes pas capables d’assurer votre défense. C’est inacceptable ! ». S’agissant de certaines communes « otages » de règlements de comptes entre les anciens et les nouveaux élus, le wali exhortera l’assistance à « transcender ces futilités et travailler pour l’intérêt général (…) chacun de vous, doit assumer l’actif et le passif de son prédécesseur ».

Évoquant le phénomène le plus préoccupant qui est les fabriques sauvages de parpaings, M. Maaskri a été très clair en s’adressant aux P /APC : « Si vous avez l’intention de créer des zones de services, c’est une excellente choses et je vous encourage à le faire, sous réserve du respect de la réglementation. Mais en revanche, pour que vous permettiez de pareilles dégradations de l’environnement et une gêne pour les riverains, ceci est inacceptable », s’est-il emporté. Avant de citer l’exemple d’un propriétaire d’une fabrique de parpaings au niveau de la commune de Chorfa, qui squatte une terre agricole qui n’est pas la sienne et refuse de quitter les lieux. « L’illégale devient légal et on se retrouve à supplier un squatteur, c’est une aberration ! », ajoute-t-il. Enfin, le wali conclura son intervention en lançant un appel aux élus présent : « Vous avez été élus par les citoyens, alors mettez vos divergences de côté et travaillez pour eux et pour l’intérêt général et de son côté l’Etat est prête à vous aider dans toutes vos démarches»

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