L’après-aïd

Fin d’hibernation pour les partis et les institutions ?

Cliquer ici pour agrandir

Le mois de Ramadhan aura été un tir politique à blanc. Le mois des entre-parenthèses où rien de particulièrement notable ne s’est produit, hormis la rentrée au pays de Bo^^^^^ika, toujours convalescent, après un long séjour médical en France. L’après-Aïd ? Regain de vitalité politique ou prolongement des frémissements qui jusque-là tiennent lieu d’activité ?

Le retour au pays du Président Bo^^^^^ika n’a pas endigué la torpeur politique qui a gagné le pays dès l’été approchant. A quelques rares exceptions, le wait and see est général. Partout, l’attente.

Dans un espace communicationnel hermétiquement fermé, les initiatives se sont faites hésitantes. Le Front de libération nationale (FLN) ne sait toujours pas à quel secrétaire général se vouer. Idem pour le Rassemblement national démocratique (RND).
L’un comme l’autre des deux partis, foncièrement arrimés au pouvoir, préfèrent jouer les différés, prendre le temps de voir dans quelle direction souffleront les vents. On sait déjà que pour se sortir de leurs crises organiques durables, les FLN et RND ont choisi de fixer des échéances lointaines.

Pas avant la rentrée sociale. Le reste de la classe politique, non affectée par le virus des redressements, ne prévoit rien d’autre que des conclaves de formations militantes, qui d’ordinaire sont de peu d’impact sur la vie politique publique. Les is^^^^^^^s ont passé leur temps à essayer de façonner une stratégie qui pourrait les porter aux cimes.

Ils ne savent toujours pas s’il faille se résoudre à des chevauchées solitaires ou foncer en diligence. Il faut dire, qu’outre l’illisibilité politique, aggravée par la maladie du chef de l’Etat, le mois de Ramadhan est généralement dédié au farniente.

Mais après ? il est normalement beaucoup de retards à rattraper : une hypothétique loi de finances complémentaire (LFC) à adopter puis promulguer, si ce n’est déjà trop tard, une Constitution à réviser, des remaniements et des mouvements à opérer et, pour la classe politique, se préparer à l’élection présidentielle, échéance politique cardinale.
Faut-il s’attendre à des proclamations de candidatures ? Hormis Ahmed Benbitour qui s’est déjà mis sur la ligne de départ, le reste des candidatures potentielles préfère ne rien précipiter, faisant sien la maxime qui dit qu’il ne sert à rien de courir qui sait partir à point. Août sera-t-il à tout le moins le mois de tous les rattrapages au niveau institutionnel ? Pas si sûr.

D’abord, c’est encore les vacances, ensuite cela dépend du retour ou pas de Bo^^^^^ika aux affaires, tant est qu’il concentre l’essentiel de la décision politique et de la prérogative institutionnelle. Seul le gouvernement, devant plus pallier l’éclipse du chef de l’Etat qu’entreprendre véritablement, devra assurer la permanence estivale.

Il a d’ailleurs à préparer, dans le sillage de la rentrée sociale, une tripartite qu’il a annoncée pour septembre. Une tripartie qui, première mais maigre concession, sera ouverte aux syndicats autonomes à titre d’observateurs.

Source