UPM - un projet sans moyens ni ambition

Par lounes guemache le 11/07/2008 à 12:35

La capitale française Paris accueillera, dimanche 13 juillet, le sommet de lancement du projet d'Union pour la Méditerranée (UPM). Une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement, dont le Premier ministre israélien Ehud Olmert, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, et le président syrien Bachar al-Assad y participeront. Pour sa part, Abdelaziz Bo^^^^^ika, après avoir longtemps hésité, a fini par accepter de se rendre à Paris, même si Nicolas Sarkozy, initiateur du projet, n'a répondu favorablement à aucune des demandes formulées publiquement par les Algériens.

En réalité, le président Bo^^^^^ika n'avait pas d'autre choix que celui de participer à cette rencontre. De tous les chefs d'Etat conviés au sommet de Paris, seul Mouaamar Kadhafi a décliné l'invitation. Le chef de l'Etat libyen, au-delà de ses excès connus, n'a jamais montré un intérêt pour l'espace méditerranéen. Tripoli avait déjà refusé de prendre part au processus de Barcelone lancé en 1995. La Libye a toujours considéré l'Afrique comme sa priorité et le lancement de l'UPM va lui donner une occasion supplémentaire de renforcer son leadership et son influence dans cette zone au détriment de l'Algérie, qui donne l'impression, avec les autres pays du Maghreb, de tourner le dos au Continent noir.

Mais la participation algérienne au sommet de l'UPM a également à une autre explication. Le projet de Nicolas Sarkozy a subi de nombreuses modifications imposées à la fois par l'Europe et par la volonté du président français de contenter tout le monde ainsi que son obstination à vouloir intégrer Israël dans le jeu à tout prix. En quelques mois de tractations et de concessions de tout genres, tout l'esprit du projet s'est envolé. L'Europe, qui s'est imposée dans le jeu, n'a ni les moyens ni la volonté de le financer. Et les pays de la rive sud qui y participent ne pèsent pas assez lourd pour imposer leurs vues. En un an, l'UPM est devenu un projet sans moyens ni ambition.

Dimanche à Paris, les dirigeants méditerranéens vont davantage parler de paix au Proche-Orient que de projets à lancer dans le cadre de l'UMP. Les caméras du monde entier vont se concentrer sur les gestes de l'israélien Olmert et du syrien Al-Assad.
Les commentateurs vont se focaliser sur une hypothétique et inutile poignée de main entre les deux hommes, qui serait synonyme de paix entre la Syrie et Israël. On va mesurer le succès du sommet de Paris aux discussions dans les coulisses sur l'avenir du processus de paix. Et lundi matin, la seule question sérieuse qui sera posée : le sommet de l'UMP a-t-il permis de relancer le processus de paix au Proche-Orient ? Or, même si l'atteinte d'un tel objectif serait à saluer, l'UPM ne devrait pas avoir pour seule ambition de relancer les négociations entre la Syrie et Israël surtout quand on voit les résultats des différents processus de négociations israélo-arabes depuis Oslo.


Nicolas Sarkozy et les dirigeants européens le savent pourtant très bien : le processus de Barcelone a échoué à cause de la paix au Proche-Orient. Certes, dimanche à Paris, les chefs d'Etat arabes seront nombreux. C'est une façon de montrer leur souhait de parvenir à une paix durable avec Israël. Mais depuis quand la paix au Proche-Orient dépend t-elle de la volonté des pays arabes ? Et depuis quand l'Europe a les moyens de peser sur les décisions de l'Etat hébreu ?

source : http://www.toutsurlalgerie.com/alger...ael--4167.html