Sarkozy se prépare à accueillir 44 chefs d’état pour l’UPM

Paris attend la Méditerranée

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Trois petites heures : dimanche entre 15h30 et 18h30, l’Union pour la Méditerranée (UPM) verra le jour au Grand-Palais, joyau art déco et fleuron de l’Exposition universelle de 1900 à Paris, près des Champs-Élysées.

Projet phare du président Nicolas Sarkozy inspiré par son conseiller Henri Guaino, l’UPM naîtra sous une forme édulcorée après une gestation difficile. Cible notamment de l’Allemagne, le projet a fini par faire l’objet d’un compromis qui a largement modifié sa version originale. Dans une véritable charge en décembre dernier, la chancelière allemande Angela Merkel a consacré un discours au “risque de désintégration” de l’Europe que présentait cette institution nouvelle. La dénomination du projet fera l’objet d’un glissement sémantique qui en dit long d’ailleurs sur sa dilution. D’union méditerranéenne (comme l’Union européenne), il est devenu Union pour la Méditerranée. Le nom complet finalement adopté à la demande de Madrid sera “Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée”. Comme l’Allemagne, l’Espagne a vu se développer d’un mauvais œil le projet qui sonnait comme l’acte de décès du Processus de Barcelone lancé en 1995. M. Sarkozy ne cachait pas son ambition de mettre en place un système plus performant que l’Euromed qu’il considère trop “enlisé dans la politique”. Pour le chef de l’État français, seuls les pays bordant la Méditerranée (y compris ceux de l’UE) auraient vocation à intégrer l’Union. Avec son Premier ministre François Fillon, il estime que ce projet pourrait prendre modèle sur l’Union pour la Baltique, forum régional de coopération réunissant les pays riverains de cette mer, dont l’Allemagne, l’Islande et la Commission européenne. La France n’y a qu’un statut d’“observateur”. Dimanche, à partir de 14h30, heure française, M. Sarkozy accueillera la quarantaine de chefs d’État et de gouvernement invités. Grand absent : le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Le roi de Jordanie ne sera pas non plus de la fête. Il est pris par un engagement aux États-Unis. La réunion plénière se tiendra entre 15h30 et 18h30 avec une intervention de l’hôte de la réunion. Les autres interventions seront brèves. La réunion se conclura par une conférence de presse sous une tente dressée sur le rond-point des Champs-Élysées. Elle sera animée par M. Sarkozy et le président égyptien Hosni Moubarak qui aura coprésidé la réunion. À leurs côtés, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Le sommet sera précédé ce samedi d’une réunion des ministres arabes des Affaires étrangères. Elle est prévue dans la résidence de l’ambassadeur d’Égypte à Paris. En une quinzaine de pages, la déclaration finale faisait l’objet jusqu’à hier de tractations. Sur le plan politique, elle devrait rester suffisamment vague pour ne pas donner l’impression d’arbitrer dans des situations conflictuelles autour de la Méditerranée. La question de la ville appelée à abriter le siège de l’UPM ne devrait pas être tranchée ce week-end. Le Maroc, la Tunisie, l’Espagne et Malte souhaitent l’accueillir. M. Sarkozy souhaite que l’UPM siégera sur la rive sud de la Méditerranée, et l’Algérie qui a longuement entretenu le suspense sur la présence de son Président semble pencher pour la Tunisie. En tout cas, elle est hostile à la candidature de Rabat. Pour ne pas rester un projet trop politique, éloigné des préoccupations des peuples, les concepteurs de l’UPM ont décidé de lancer des projets concrets. Dépollution de la Méditerranée, autoroutes de la mer, énergie solaire : telles sont les idées qui seront mises sur la table par les Européens. La dépollution de la Méditerranée, déjà en cours de réalisation dans le cadre du partenariat euroméditerranéen actuel, a été retenue. La Commission européenne a aussi présenté en avril une série de projets dans sept pays du sud de la Méditerranée visant à éliminer 80% des sources de pollution d’ici 2020. Mais les Européens espèrent que le nouvel élan politique attendu permettra de lever plus facilement les plus de 2 milliards d’euros nécessaires à leur réalisation. Ils devraient également plaider pour la création d’“autoroutes de la mer” qui amélioreraient la fluidité du commerce entre les deux rives. Toujours dans le domaine des transports, routiers cette fois, l’interconnexion entre les autoroutes de Mauritanie, du Maroc, d’Algérie, de Tunisie et de Libye, pour créer l’“autoroute du Maghreb arabe”, devrait être mise en avant. L’UE soutient également le renforcement de la coopération euroméditerranéenne en matière de protection civile, d’autant plus importante que le bassin méditerranéen est exposé à un risque grandissant de catastrophes naturelles, lié au réchauffement climatique. Enfin, elle prône le développement rapide d’un “plan solaire méditerranéen”, qui pourrait permettre à l’UE, à terme, d’importer de l’électricité solaire. La Slovénie a d’autre part mis en avant, pendant sa présidence de l’UE au premier semestre, l’université euroméditerranéenne, inaugurée en juin chez elle, à Portoroz. Mais chacun de ces projets, et d’autres que pourraient proposer les différents pays du Sud, dimanche lors du sommet, nécessite des sommes importantes. Les 44 pays participants devront donc se mettre d’accord pour désigner seulement quelques-uns d’entre eux comme les projets prioritaires à mettre en œuvre, a expliqué une source européenne.

source : http://www.liberte-algerie.com/edit....E9diterran%E9e