UPM - Le Maghreb reste méfiant, selon le Télégramme

Par Le Télégramme (France) le 12/07/2008 à 08:47

A la veille de son lancement dimanche à Paris, l’Union pour la Méditerranée (UPM) demeure toujours un projet flou aux yeux de beaucoup de Maghrébins. Les raisons ? Durcissement de la politique d’émigration de l’Union européenne et échec du processus de Barcelone lancé il y a 13 ans. « D’un côté, l’Europe se barricade contre les Maghrébins, et de l’autre, elle veut construire une Union avec eux. C’est contradictoire. En plus, il ne peut y avoir d’Union entre les régimes démocratiques du nord et ceux peu démocratiques du sud de la Méditerranée », estime Tayeb, chef d’entreprise à Alger.

En Algérie, l’UPM suscite la méfiance et souvent l’indifférence parmi les jeunes qui attendent en vain davantage de visas pour se rendre en Europe, notamment en France. « Sans la dimension humaine, l’UPM est vouée à l’échec », a prévenu le chef du Front de libération nationale (FLN, nationaliste), Abdelaziz Belkhadem.

Les islamo-conservateurs n’ont pas caché leur hostilité au projet sarkozien, à cause de la participation d’Israël. « L’UPM ne doit pas se faire au détriment du peuple palestinien », a averti Aboudjerra Soltani, chef du Mouvement pour la société de la paix (MSP, is^^^^^^^).

Les nationalistes considèrent l’UPM comme un nouvel outil néocolonial entre les mains de la France pour s’accaparer les richesses naturelles et humaines des pays du sud de la Méditerranée. « La France cherche, à travers l’UPM, à sécuriser ses approvisionnements en gaz à partir d’Algérie », estime un haut responsable algérien qui préfère garder l’anonymat. Les milieux d’affaires, tout en regrettant l’égoïsme économique de l’Europe, attendent de l’Europe, via l’UPM, des aides pour développer les économies de la région sous encadrées et des investissements directs dans l’industrie. « Grâce à l’Europe, les pays du sud de la Méditerranée peuvent réaliser des taux de croissance à deux chiffres, ce qui profiterait à toute la région méditerranéenne », estime Issaâd Rebrab, P-DG de Cevital, premier groupe privé algérien.

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