La qualité de couverture et le débit de la 3G laissent à désirer


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Les premiers agréments du réseau 3G de la téléphonie mobile ont été accordés moins de deux mois après le lancement officiel de cette technologie en Algérie, le 14 décembre 2013. Néanmoins, la qualité du débit et de la couverture restent en deçà des attentes.


Mobilis, classé premier lors l’attribution provisoire des licences a obtenu la certification par l'Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications(ARPT), de la conformité de son réseau aux obligations du cahier des charges. Le réseau de Nedjma - qui a aussi commencé la commercialisation de la 3G dans les wilayas obligatoires - est en cours d’évaluation par le régulateur, alors que celui Djezzy est au stade des tests expérimentaux. Les tests opérés par les techniciens l’ARPT sur les réseaux des opérateurs dans les wilayas obligatoires au titre de la première année de déploiement confèrent le « sésame » nécessaire au déploiement dans de nouvelles wilayas. Quelles sont les exigences du régulateur pour accorder cette certification ? Selon le cahier des charges relatif à l’établissement et l’exploitation du réseau public de télécommunications de troisième génération, les opérateurs ont l’obligation d’assurer la couverture de 50 % du territoire des wilayas obligatoire (Alger, Oran, Constantine et Ouargla) et de 30 % pour les autres, au titre de la première année. La certification de l’ARPT prend en compte des exigences minimales des services fournis. Dans la zone de couverture, durant la première année, les débits minima par canal au niveau de la station de base doivent être d’au moins 7.2 Mbit/s pour la liaison descendante (downlink) et d’au moins 5.76 Mbit/s pour la liaison montante (uplink). Les tests de l’ARPT consistent à accéder au web et y naviguer. Selon les termes du cahier des charges l’accès au site web est déclaré réussi lorsque la page d’accueil est chargée intégralement dans un délai inférieur à 30 secondes dès la première tentative ; la navigation est considérée comme réussie si elle est maintenue active pendant une durée de 5 minutes sans coupure de connexion ou d’impossibilité de continuer la navigation. Le taux de réussite des deux indicateurs doit être d’au moins 90%.

Des débits réels loin des attentes

Des tests effectués par nos soins à Alger (outdoor et indoor), à différentes heures de la journée du 24 janvier, par le moyen du logiciel de test « Speedtest » de Ookla montrent des soucis à la connexion et des coupures presque toutes les dix minutes. En effet, souvent dans les zones censées couvertes par l’opérateur Mobilis le réseau ne répond pas, puisque le logiciel en question installé sur une tablette Huawei (commercialisée par l’opérateur) n'enregistre pas les tests non concluants, c’est-à-dire là où il n’y a pas de réseau. En outre, le débit moyen, sur une quinzaine de tests répartis dans la journée, a atteint 1,08 Mbit/s (1,25 descendant et 0,91 montant). Alors que le temps de réponse moyen (ping) est d’environ 450 millisecondes. Ce qui indique une « mauvaise » connexion. Des tests effectués dans des conditions quasi-similaires sur le réseau de Ooredoo donnent pratiquement les mêmes résultats.

Rappelons que pour le débit moyen, l’ARPT exige un minimum de 512 Kbits/s pour le téléchargement/réception de fichiers d’un volume data de 5 Mo et 256 Kbits/s pour l’envoi/émission de fichiers de 1 Mo. Il faut dire que les débits pratiqués sont loin de ressembler à ceux communiqués par les opérateurs à l’issue des tests internes qui ont avoisinés les 16 Mbit/s. D’ailleurs, ces derniers ne s’aventurent pas à évoquer les débits garantis dans leurs offres promotionnelles, car ils « risquent » de devoir assurer un débit moyen de connexion d’au moins 50 % de celui promis. Les premiers usagers de la 3G qui s’attendaient à une révolution de l’Internet en Algérie ont un peu déchanté et ils le disent sur les forums de discussions et les réseaux sociaux. « Avec un débit moyen de 1 Mbit/s pour des abonnements aussi cher, c’est l’ADSL d’Algérie Télécom avec l’illimité en moins », écrit un internaute sur Facebook. Ceux qui ont cru fuir les coupures intempestives de l’Internet de l’opérateur historique ne trouveront certainement pas leur compte dans la 3G, du moins pour le moment.


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