Les 43 chefs d’état réunis par Sarkozy se penchent sur l’Upm

Dans les coulisses du sommet de l’UPM

lundi 14 juillet 2008.

Comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, le président Sarkozy a fait de la crise au Proche-Orient le thème central du sommet de Paris pour sauver les meubles. Dans les coulisses, comme d’ailleurs dans les lectures et autres analyses, le sommet fondateur de l’UPM est sujet à controverses.


Treize juillet 2007. Paris se réveille lentement en ce deuxième jour de week-end. L’avenue des Champs-Élysées est mi-ouverte à la circulation routière et le dispositif de sécurité renforcé. Des hélicoptères sillonnent le ciel parisien dès 7h. Un circuit hautement sécurisé est déjà défini pour les délégations officielles qui devaient se rendre au Grand Palais. De 5 000 hommes déployés trois jours avant le jour J, on passe à plus de 8 000 militaires, gendarmes, policiers et autres représentants des services de sécurité qui sont éparpillés rien qu’aux alentours du Grand Palais, de l’Élysée et du Quai d’Orsay. Les ministres français et égyptien des Affaires étrangères ne passent pas inaperçus à leur arrivée au Grand Palais tant les deux hommes doivent s’entendre sur le principe d’une déclaration commune et devancer le président de l’État palestinien et le Premier ministre israélien, Mahmoud Abbas et Ehud Olmert, qui se réunissent trois quarts d’heure plus tard, et ce, avant qu’ils ne fassent également, eux aussi, des déclarations aux côtés de Sarkozy. Et comme ce sommet fondateur promet déjà des couacs, des polémiques et des jeux de coulisses, le promoteur de l’Union pour la Méditerranée (UPM), Nicolas Sarkozy, tentera de rééditer la poignée de main entre Abbas et Olmert, en guise de copie conforme de l’épisode Clinton. Au centre de presse, équipé de toutes les commodités pour accueillir les journalistes, la fouille est systématique. Elle est de rigueur. D’ailleurs, cette grande salle ne communique pas avec le Grand Palais où se déroulent les travaux en plénière. La rumeur bat son plein. L’info et l’intox aussi.

Coprésidence : Kouchner épinglé Il est 8h30. Les ministres français et égyptien des Affaires étrangères prononcent leur discours, tout souriants, “comme si de rien n’était”, et comme si le sommet de Paris allait réellement devenir cette institution incontournable dans le règlement des conflits. Premier “couac”, Bernard Kouchner veut céder la parole à son homologue égyptien Ahmed Abou Elgheit. “Je passe la parole à mon homologue égyptien puisque la coprésidence de l’Égypte est acceptée.” Une phrase qui n’est pas transcrite dans son discours initial distribué aux médias et que nous avons en main. Suite à quoi l’Égyptien épingle Kouchner, mis dans la gêne et répond spontanément : “Je vous remercie Monsieur le Ministre, mais le sommet n’a pas encore commencé pour parler de coprésidence.” L’Égyptien qui veut, sans doute, évacuer la question de sa désignation extracollégiale à la coprésidence de l’UPM, ne sait pas qu’il vient, en réalité, de mettre au goût du jour un incident enterré par Sarkozy et “un fait accompli” à cause duquel certains pays avaient mis des réserves pour participer à ce sommet cher au président français. Et pour boucler la boucle, le discours du ministre égyptien des Affaires étrangères est carrément coupé et n’est plus retransmis au profit des centaines de journalistes qui s’interrogent sur la raison de cette brusque coupure.

Absence de Mohammed VI et spéculations Divine surprise : l’absence du roi du Maroc Mohammed VI. Même si officiellement, il n’est dit nulle part qu’il serait de la partie à Paris. Les spéculations vont bon train. D’aucuns parlent de “bouderie”. Il n’aurait pas “digéré” les concessions faites par le président Nicolas Sarkozy au président Bo^^^^^ika lors du sommet du G8. Pour d’autres, ce n’est qu’un jeu d’apparences. Tout est convenu. Le roi Mohammed VI fait l’impasse sur le sommet pour que la question sahraouie soit évacuée. D’ailleurs, seul le représentant du royaume chérifien à ce sommet, le ministre des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri, était présent à Paris. Celui-ci n’aurait même pas rencontré son homologue algérien, Mourad Medelci, qui a pourtant marqué une présence faste dans la salle de conférences.

UPM : une appellation ne suffit pas pour l’UE Initialement appelé “sommet de la Méditerranée”, le projet de Nicolas Sarkozy a pris l’appellation de l’Union pour la Méditerranée (UPM) au lendemain de son annonce à Toulon en 2007. Et nous voilà, aujourd’hui, devant une autre appellation, la troisième : “Sommet de Paris pour la Méditerranée”. Et cette dernière est visible sur le site Internet de l’Union européenne (UE) et tous les documents imprimés et distribués lors de sommet fondateur. Bien plus, l’enseigne “Sommet de Paris pour la Méditerranée” est placardée partout à Paris, y compris dans les salles où les ministres travaillent en plénière. C’est curieux, mais aucune explication factuelle n’est venue mettre un terme à ce énième couac. Et bien d’autres couacs anecdotiques qui révèlent les premiers dommages collatéraux de ce sommet auquel ont pris part 48 ministres des Affaires étrangères, le président de la Ligue arabe et le représentant de l’Union du Maghreb arabe.

El-Assad snobe les chefs d’État et descend Chirac Propulsé au premier rang par Nicolas Sarkozy, le président syrien, Bachar El-Assad, a fait des vagues au sommet de l’UPM, mais également en dehors des rencontres protocolaires tenues au Grand Palais et à l’Élysée. Boycotté par les Occidentaux depuis 2005 et l’attentat meurtrier contre l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, il revient sur le devant de la scène internationale grâce à la France. “Le président Chirac a voulu lier les relations avec la Syrie avec les relations avec certaines personnalités au Liban. Le président Sarkozy adopte une approche plus réaliste”, a déclaré El-Assad dont la venue a pourtant provoqué une levée de boucliers.

source : Liberté

source : http://algerie.actudz.com/article2398.html