Le gouvernement qui a déjà fort à faire avec la dégringolade des prix du pétrole est pris en tenaille par cette série d'annonces qui a pour particularité d'impacter directement le pouvoir d'achat des citoyens.L’Exécutif sera sur tous les fronts. Comme ces soldats du feu qui luttent contre les incendies. L’économie nationale est cernée par plusieurs foyers incandescents. Les départs de feu se succèdent. Inflation, hausse des prix à la consommation, dévaluation du dinar, baisse des recettes pétrolières… soufflent sur les braises.^Sérieusement ébranlée par la dégringolade des prix du pétrole qui ont fortement endommagé sa trésorerie, l’Algérie a répondu par toute une batterie de mesures qui ont été prises lors du dernier Conseil des ministres pour sortir l’économie nationale de sa dépendance par rapport aux exportations d’hydrocarbures qui constituent l’essentiel de ses revenus en devises et jeter les bases d’une économie productrice de richesse qui la mettrait définitivement à l’abri des fluctuations du baril de pétrole.^Ce défi qui reste à relever n’est pas si simple. D’autant plus que quelques mauvaises nouvelles et non des moindres ne pourront que compliquer la tâche. Elles représentent autant d’indices qui nous renseignent sur l’état de santé de l’économie algérienne. Le gouvernement qui a déjà fort à faire avec la dégringolade des prix du pétrole est pris en tenaille par cette série d’annonces qui a pour particularité d’impacter directement le pouvoir d’achat des citoyens.^A commencer par le rythme de l’inflation annuelle qui continue sa progression pour atteindre les 5% le mois dernier contre 4,8% et 4,5% en mai et avril 2015. «En juin 2014, le rythme d’inflation annuel avait été de 1,5%, rappelle-t-on. Quant à l’indice des prix à la consommation, qui sert à calculer l’évolution du rythme annuel de l’inflation, il a connu une croissance de 4,52% en juin 2015 par rapport à juin 2014» précisent les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS) répercutés par une dépêche de l’APS datée du 25 juillet.^En regardant d’un peu plus près ces statistiques, la plupart des produits alimentaires frais se sont affichés à la hausse en juin comparativement à la même période de l’année dernière à l’exception du prix des oeufs qui ont baissé de 12,64%.^La pomme de terre a augmenté de 6,9%, les légumes frais de 6,6%, les poissons frais 6,2%, les fruits frais (4,9%), viande de poulet (4,4%), viande de boeuf 4,3% et viande de mouton 2,8% indique le document des enquêteurs de l’ONS qui soulignent que durant le premier semestre 2015, l’indice des prix à la consommation a enregistré une hausse de 5,3% par rapport à la même période de 2014.^Le taux d’inflation qui s’était établi à 2,9% l’an dernier pourrait doubler en 2015. La LFC 2015 adoptée mercredi en Conseil des ministres table sur 4%.^Dans le même temps, deux banques BNP El Djazair et Société Générale Algérie nous informent que la monnaie nationale fait grise mine.^«La valeur du dinar algérien a franchi, pour la première fois jeudi 23 juillet, la barre psychologique des 100 dinars pour un dollar» peut-on lire sur le site du quotidien électronique TSA. Un déclin qui pourrait se poursuivre nous fait-on savoir.^Un tableau morose d’où s’affichent des clignotants plutôt au rouge. L’Algérie sera-t-elle contrainte de se serrer davantage la ceinture? Le Premier ministre Abdelmalek Sellal qui reste solidement accroché au gouvernail refuse d’entendre parler d’austérité. Espérons que la tempête ne fera pas trop de vagues…