Le rapport de force qui s’est engagé entre le clan de Bo^^^^^ika au pouvoir et l’industriel Issad Rebrab, met en évidence les carences dans ce pays à avoir un patronat séculier et à vocation.


C’était le 18 octobre 2014, il y a juste un an, à l’Assemblée nationale à Paris. Le colloque avait pour thème "France-Algérie : quel avenir industriel commun ?" . À la tribune, entre Jean-Pierre Chevènement, président de l’Association France-Algérie, et Abdesselam Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines de l’Algérie, une pléthore d’universitaires, de consultants, de politiques et évidemment des entrepreneurs. À la fin de la rencontre, la seule personne qui pouvait illustrer ce qui manque à l’Algérie industrielle, Sergio Treviño, président du groupe Brandt, s’éclipse sans attirer le moindre regard ni susciter le moindre intérêt. Il est un pur produit de l’écosystème entrepreneurial de sa région natale, le Pays basque espagnol.



Le patronat algérien ne s’intéresse pas aux bonnes pratiques:
Des patrons à vocation sectorielle comme Sergio Treviño, sont très rares en Algérie. Et si les décideurs politiques et économiques au pays de la rente pétrolière peinent à déclencher de vraies vocations d’entrepreneurs par filière, c’est qu’ils ne s’intéressent pas aux bonnes pratiques des régions industrielles d'Europe. Certes, il y a des représentations patronales d’Espagne, de France, d’Allemagne, d’Autriche…, qui ont fait et font encore des voyages en Algérie pour capter tel ou tel marché. Mais à l’inverse, le patronat algérien ne fait pas la démarche d’aller étudier dans tel ou tel bassin industriel du monde, des écosystèmes régionaux qui ont donné des filières de références grâce à des patrons visionnaires et impliqués non pas simplement sur le profit, mais certainement sur la production et le social.
Ainsi, Abdesselam Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines d’Algérie, n’a pas saisi, dans son bras de fer avec le patron Issad Rebrab, que ce dernier, en reprenant le groupe électroménager Fagor Brandt au tribunal de San Sébastian, en avril 2014, ouvrait une relation forte avec le Pays Basque de Sergio Treviño. Une des régions les plus industrielles d’Europe, avec la Bavière et la Lombardie. Dans un pays comme l’Algérie où les territoires industriels font défaut, il était plus judicieux pour un ministre de chercher des bonnes pratiques économiques et laisser à la justice algérienne de juger si un patron à enfreint la loi.



Le Pays Basque comme modèle européen pour l’Algérie

Et le Pays Basque espagnol devrait être un modèle pour une Algérie qui ne peut plus compter uniquement sur ses ressources énergétiques. Dans les années fin 80, l’industrie basque était sinistrée et il a fallu une politique exemplaire pour que la région devienne un fleuron de l’industrie européenne. Les chiffres parlent d’eux même. En 2006, le taux de chômage dans le Pays basque battait tous les records avec 4,1 %. 15 ans auparavant, une politique économique volontariste a été mise en place avec des choix qui n’était pas à la mode. En optant pour l’industrie au lieu des services le Pays Basque fut une des toutes premières régions d’Europe à avoir installé sur son territoire des pôles de compétitivité.
En reconnaissant lors d’un conseil des ministres, le 6 octobre dernier, que l’accord d’association entre l’Algérie et l’Europe, signé il y a 15 ans, était un désastre, le gouvernement algérien et son ministre de l’industrie et des Mines ne peuvent que constater le succès sur le terrain purement industriel en Pays basque du patron Issad Rebrab et surtout en gardant à la tête de l’entreprise acquise un enfant du pays.
En se faisant représenter, le 18 octobre 2014 à l’Assemblée nationale à Paris, par Sergio Treviño, lors d'une rencontre franco-algérienne, Issab Rebrab lance un signal que le management d’une entreprise n’a que faire des susceptibilités nationalistes des uns (Algériens) et de la nostalgie coupable des autres (Francais). Il est à croire que l’Algérie ne connaît pas uniquement un manque de managers dans le monde de l’entreprise, mais aussi de politiciens tout aussi dépourvus de compétences et de vision.



Source
http://www.lesechos.fr/idees-debats/...le-1165849.php