Le président en fait son cheval de bataille
En finir avec le déséquilibre régional

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Abdelaziz Bo^^^^^ika a martelé hier, dans son discours devant les maires, son appel à lutter contre le déséquilibre régional et contre le partage injuste des richesses du pays.

S'il est vrai que les efforts consentis par l'État depuis 1999 en faveur du développement local et du désenclavement sont gigantesques, il est aussi vrai que cela constitue une goutte dans l'océan des retards accumulés par la faute de la nature, mais aussi par la faute des hommes.

La philosophie même du Plan de soutien à la relance économique repose sur le désenclavement et la réalisation d'infrastructures à même de faciliter l'investissement et le développement économique.

L'État n'a pas lésiné sur les moyens, du moment que ces derniers restent disponibles, mais son action a péché par un manque de lucidité ou par des décisions personnelles n'ayant aucun fondement économique. L'on a vu des projets gigantesques lancés et engloutir des milliards sans jamais voir le jour, comme ce fut le cas pour le fameux complexe sidérurgique de Bellara, ou encore des projets abandonnés comme ce fut le cas des villages solaires à Ghardaïa et M'sila, pour ne citer que ceux-là.

On a vu également des aéroports construits à coups de milliards, pour refermer leurs portes après quelques mois seulement d'exploitation. Des exemples de projets immatures sont légion. Certains datent des années 1970 et sont éternellement enregistrés au titre de “programmes futurs”.

Ceci dit, les retards accumulés en matière de développement local, et surtout en ce qui concerne les besoins primordiaux des citoyens, restent incommensurables, notamment pour les régions enclavées. Lorsqu'on sait qu'un malade du cancer de Tamanrasset doit faire toutes les semaines un aller-retour pour l'hôpital Mustapha-Pacha d'Alger pour sa séance de chimiothérapie, avec ce que cela suppose comme frais de transport (le billet d'avion avoisine les 30 000 dinars)+ d'hébergement et de restauration, cela paraît inconcevable en 2008, d'autant plus que Tamanrasset dispose d'un hôpital. Ce cas n'est pas isolé. Dans d'autres régions, les femmes doivent parcourir des centaines de kilomètres pour accoucher. Ailleurs, des communes sont dépourvues d'un centre de santé disposant du minimum requis. Ce n'est pas seulement faute d'équipements médicaux, mais c'est surtout une question de gestion réfléchie des ressources humaines. Alors que le pays recourt à des médecins étrangers (cubains, chinois, belges et polonais), quelque 4 000 médecins algériens sont au chômage, des milliers d'autres ont choisi d'émigrer vers l'Europe où ils exercent comme techniciens supérieurs, faute de reconnaissance de leurs diplômes.

Pourtant, l'État avait initié un programme visant à intéresser l'élite à travailler dans les régions enclavées, particulièrement dans le Sud, du temps du président Liamine Zeroual. Un fonds spécial Sud avait été créé à l'époque et des avantages sociaux (promesses de logement) et fiscaux ont été faits pour intéresser les cadres à aller travailler dans le Sud.

L'opération n'a pas eu l'effet escompté. Beaucoup de jeunes, intéressés par l'initiative, ont fini par déchanter au bout de quelques mois de galère dans des hôtels ou des structures d'accueil provisoires. En fait, le seul secteur qui intéresse tout le monde et qui fait saliver plus d'un reste celui des hydrocarbures.

Là, les salaires sont plus qu'attrayants et les conditions d'hébergement étudiées en fonction du climat de la région. Même les cadres, issus des régions éloignées, préfèrent travailler dans les grandes villes du Nord. Du coup, l'on se retrouve avec des wilayas qui ne disposent pas de médecins spécialistes, d'écoles où les élèves sont privés de la matière de la langue française, faute d'enseignants, ou encore des communes disposant de logements ruraux qui ne trouvent pas acquéreurs.

Si, pour certaines régions, des potentialités de développement existent, comme celles qui disposent de ressources minières ou pétrolifères, ou celles qui disposent de sites touristiques, d'autres sont dépourvues de tout et sont de véritables bouches ouvertes, à la charge de l'État et à la merci des moyens de transport. Certaines communes vivaient jusque-là artificiellement grâce aux défuntes entreprises communales chargées de résorber un tant soit peu le chômage au niveau local et de réaliser, de temps à autre, quelques travaux au profit de la commune. Depuis leur disparition, c'est le désarroi total. Les gens tournent en rond et les élus locaux ont du mal à trouver des solutions à même de créer des activités génératrices d'emplois et de richesses. Et c'est, tout naturellement, que leurs espoirs se tournent vers l'État-providence, en attendant que le président de la République, son Chef du gouvernement, un des ministres ou le wali daignent leur rendre visite, écouter leurs doléances et y apporter des réponses.

En attendant, l'exode rural continue de plus bel, les campagnes se vident de leurs occupants et le désert continue son avancée vers le Nord.
Le président Bo^^^^^ika veut en finir avec le déséquilibre régional. Il a mis le paquet dans les programmes spéciaux conçus pour le Sud et les Hauts-Plateaux. Il faudra, présentement, exiger des résultats palpables de la part de ceux chargés d'exécuter ces plans.

source : http://www.liberte-algerie.com/edit....e%20r%E9gional