Décès du cinéaste égyptien
Youssef Chahine retrouve son “Destin”

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Son nom restera gravé à jamais dans la mémoire des Algériens, particulièrement les amateurs du 7e art qui ont eu le plaisir d’apprécier ses œuvres, notamment son film Gamila, l’Algérienne, qu’il a réalisé sur la Révolution algérienne. À travers ce chef-d’œuvre, Youssef Chahine avait dressé un tableau hors du commun sur la réalité de la guerre contre le colonialisme, en mettant en exergue le rôle de la femme algérienne. Il s’était inspiré de la vie de la moudjahida Djamila Bouhired, pour réaliser ce film. Son lien avec l’Algérie ne s’est pas arrêté à cette œuvre remarquable. Youssef Chahine a également produit Le Retour de l’enfant prodigue, avec le concours d’acteurs algériens comme Sid-Ali Kouiret. Il n’a jamais raté une occasion de se rendre en Algérie, répondant favorablement à toutes les invitations qui lui étaient adressées. En effet, à chaque fois qu’un événement culturel lui offrait l’opportunité, Youssef Chahine n’hésitait pas à venir à Alger et dans d’autres villes du pays. Après avoir passé six semaines dans le coma à la suite d'une hémorragie cérébrale, il s’est éteint hier matin à 3h30 à l’âge de 82 ans. Après un séjour d’un mois dans un hôpital parisien, il a été rapatrié en Égypte récemment où il a rendu l’âme. Ses obsèques auront lieu aujourd’hui dans une église du centre du Caire, et il sera enterré dans le caveau familial à Alexandrie, où il est né en 1926. L’hommage des artistes égyptiens n’a pas tardé à l’image de celui de son actrice fétiche Yousra, qui l’a présenté comme une “personnalité mythique du cinéma arabe”. L’un des monstres sacrés du cinéma égyptien, Nour El-Chérif, dira de lui : “C'était l'un des cinéastes les plus importants du monde, et pas seulement du monde arabe.” Youssef Chahine avait obtenu en 1997 le Prix du cinquantième anniversaire du Festival de Cannes pour l'ensemble de son œuvre. Le Destin (1987), La Terre (1969) et Alexandrie, pourquoi (1978) font partie de ses meilleurs films. Il a également le mérite d’avoir découvert au début des années cinquante Omar Sharif, l'autre grand monstre sacré du cinéma égyptien, qui est seul grand acteur arabe de stature internationale, pour avoir tourné dans de nombreuses superproductions américaines et européennes.

source : http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=97411