Nouveaux produits et accès aux marchés émergents

L’industrie automobile mise sur un avenir meilleur

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Si le secteur automobile a traversé une période difficile ces dernières années, les acteurs du marché se déclarent optimistes pour l’avenir. C’est ce qui ressort en tout cas de l’étude menée par KPMG(*) auprès de 113 cadres dirigeants de l’industrie automobile mondiale, constructeurs et équipementiers.

Pour les constructeurs, les enjeux se portent aujourd’hui sur l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules, la course aux énergies alternatives et le développement des capacités nécessaires pour répondre à la forte demande attendue sur les marchés émergents. En termes de perspectives économiques, les acteurs de l’industrie automobile visent un retour de la rentabilité et des capacités d’investissement. L’optimisme dans ce domaine semble reprendre le dessus puisque 26% des cadres interrogés dans le cadre de l’étude anticipent une amélioration des résultats dans les cinq ans à venir alors que14% prévoient plutôt un déclin. Les personnes sollicitées s’attendent néanmoins à ce que la rentabilité reste volatile et imprévisible à hauteur de 37%, chiffre proche de celui de 2005 (35%). Les dirigeants interrogés anticipent également une stabilisation du nombre de faillites au cours des années qui viennent (48% prévoient une stabilité et 36% une augmentation, contre 56% une augmentation et 31% une stabilité en 2006), ainsi qu’un nombre encore important de fusions, d’acquisitions et d’alliances, principalement en Asie. Une meilleure utilisation des capacités de production est également attendue : 30% des cadres interrogés estiment qu’il n’y a pas de surcapacité aujourd’hui, 56% qu’il y a une surcapacité inférieure à 20%. La surcapacité va néanmoins rester une réalité, surtout lorsque les investissements en Asie porteront leurs fruits. Ainsi, 45% des cadres interrogés estiment que la surcapacité de production en Chine pourrait devenir un problème sérieux d’ici à cinq ans. Selon Laurent des Places, Associé KPMG secteur Automobile, l’enquête menée auprès des professionnels de la filière " montre que l’industrie automobile mondiale touche à la fin d’une première phase de restructuration, marquée par des efforts de réduction des coûts et une délocalisation de la production vers les pays émergents. La restructuration , note-il , “va continuer avec des enjeux et des objectifs différents, et l’attention sera davantage portée sur l’efficacité des équipementiers et des circuits de distribution " . Selon l’étude, les développements attendus sur les marchés émergents, en particulier la Chine, sont également porteurs d’enjeux significatifs. Ainsi, après avoir récemment dépassé le Japon, le marché intérieur chinois devrait égaler celui des Etats-Unis d’ici cinq ans.

Technologies et nouveaux produits
Parmi les enjeux auxquels le secteur automobile va devoir faire face au cours des prochaines années, les cadres dirigeants interrogés citent d’abord la qualité des produits (96%) et la réduction des coûts (86%). La troisième place revient aux nouvelles technologies, qui ont connu une progression importante, de 68% en 2005 à 83% en 2007 et couvrent un large spectre : meilleure efficacité des processus de production, énergies du futur, nouveaux matériaux. Une adaptation continue aux critères d’achat des consommateurs est nécessaire. Selon les dirigeants interrogés , ces critères restent en 2007 la qualité (86%) et la consommation (83%), suivis par la sécurité (70%) et le prix d’achat (69%). La plus grosse progression est enregistrée par le critère " possibilité d’utiliser une énergie alternative ", qui passe de 53% en 2006 à 65% en 2007. Pour répondre à la demande, les cadres interrogés prévoient de concentrer leurs efforts d’une part sur la production de véhicules hybrides et d’autre part sur les véhicules à bas prix : 81% s’attendent à une augmentation importante de la production de ces types de véhicules. Pour autant, les personnes interrogées n’anticipent pas pour 2008 une croissance spectaculaire des ventes de véhicules à énergie alternative ou hybrides : 32% s’attendent à ce que le niveau de ventes mondial reste identique à celui de fin 2007, soit 500 à 600.000 véhicules, 41% prévoient une augmentation modeste des ventes (100 à 200.000 véhicules), 27% une augmentation importante. L’expérience montre néanmoins que le scénario des changements est souvent sous-estimé : seuls 17% des professionnels interrogés par KPMG l’année dernière avaient prévu le chiffre de 500.000 ventes réalisées en 2007.

Demande en berne sur le marché américain

Malgré l’optimisme affiché par l’industrie automobile, les perspectives 2008 pour le marché américain sont peu réjouissantes, le ralentissement économique généré par la crise de l’immobilier et des "subprime" affectant désormais ce secteur. Alors que plusieurs analystes macro-économiques évoquent une entrée en récession des Etats-Unis, les principaux constructeurs automobiles sur ce marché, américains comme japonais, admettent envisager une demande en berne en 2008. L’année 2007 a déjà été mauvaise, à 16,14 millions d’unités, marquant la première année de recul pour ce marché après plusieurs années fastes. "Nous tablons sur des ventes de l’ordre de 15,8 millions d’unités cette année", indique Michael Robinet, responsable des prévisions pour le cabinet CSM Worldwide, soit un recul de près de 2% sur 2007. "Et encore, nous ne sommes pas aussi pessimistes que d’autres cabinets", ajoute-t-il. Les analystes de la banque d’affaires Goldman Sachs font pour l’heure les prévisions les plus noires, envisageant des ventes autour de 15 millions d’unités seulement, soit un recul de près de 7% sur un an. Le vice président de Chrysler, le constructeur américain le plus en difficultés -General Motors et Ford ont entamé avant lui restructuration et changements dans les modèles produits - a récemment averti que "la nouvelle année s’annonce difficile". Le discours est similaire chez General Motors (GM), dont le vice président des ventes, Mark LaNeve, reconnaît qu’il s’attend à des ventes particulièrement mauvaises au premier trimestre. "Nous ne voyons pas vraiment de changement de tendance avant la fin de l’année, voire le début 2009", estime quant à lui George Pipas, analyste des ventes chez Ford. Le groupe table sur 15,7 millions d’unités vendues cette année. Même les constructeurs japonais, qui ont jusqu’ici gagné des parts de marché trimestre après trimestre au détriment des constructeurs américains, grâce à des modèles plus économes en carburant, dressent des perspectives sombres pour 2008. Fred Standish, un porte-parole de Nissan North America, admet que les constructeurs japonais - Toyota, Honda et Nissan principalement - s’attendent à des vents de face. "Nous tablons sur des volumes de l’ordre de 15,5-16 millions d’unités", a-t-il indiqué à l’AFP.

-(*) KPMG S.A. société anonyme d’expertise comptable et de commissariat aux comptes en France et membre du réseau KPMG de cabinets indépendants adhérents de KPMG International, une coopérative de droit suisse.

source : http://www.elwatan.com/spip.php?page..._article=85159