Changements au centre de thalassothérapie de Sidi-Fredj

Entre la cure médicalisée et la détente

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Le volet qualité des prestations et l’acquisition de la certification ISO font désormais partie des projets du centre de thalassothérapie de Sidi-Fredj. L’annonce a été faite, vendredi dernier, au cours d’une conférence de presse animée par M. Moussaoui, le directeur général du centre, et certains de ses plus proches collaborateurs.

Dans son exposé relatif à la mise en place de la démarche qualité, le Dr Baroudi El-Fahchouche, responsable du “programme remise en forme”, a révélé que cette démarche est destinée à “améliorer de façon continue” la qualité des prestations fournies par le centre de thalassothérapie. Selon lui, la réussite du volet qualité “permettra, à terme, d’obtenir la certification par le label qualicert”. L’adaptation aux normes internationales devrait également engendrer des retombées sur “le plan humain, stratégique et économique”. Seulement, l’acquisition de la certification doit satisfaire préalablement “dix principales exigences”, dont la qualité de l’accueil, la préservation de la satisfaction permanente du curiste et une utilisation des produits naturels extraits de la mer.

Les gestionnaires du centre de Sidi-Fredj ont admis que ces conditions, internes et externes, ne sont pas actuellement toutes réunies. “Le centre ne lésine pas sur la formation du personnel, du médecin à l’agent de sécurité. Mais, il n’existe nulle part la formation des hydrothérapeutes”, a déclaré M. Moussaoui, non sans insister sur l’importance de cette catégorie de travailleurs dans le processus de prise en charge des curistes. Le directeur général a en outre soulevé un problème bien connu des Algériens, celui du “comportement”, voire de “l’éducation” de certains salariés et clients du centre. Un problème qui semble être pris en main sérieusement par l’équipe dirigeante, soucieuse de “l’image” du centre et décidée à poursuivre l’œuvre de modernisation et d’adéquation de l’entreprise économique publique (EPE) “aux normes de santé, aux normes de tourisme et aux normes d’environnement”.


Nouveaux produits, nouvelles formules

Le premier et unique centre de thalassothérapie a été créé en 1982, à Sidi-Fredj, à 25 km à l’ouest de la capitale. Conçu et réalisé par le secteur en charge du tourisme, l’établissement a été placé sous tutelle du ministère de la Santé, de 1984 à 1988, avant de revenir à son secteur d’origine, c’est-à-dire celui du tourisme.

Depuis son ouverture, le centre a privilégié l’aspect curatif et médical, et fonctionnait cinq jours par semaine. Son plateau technique, composé d’installations de balnéothérapie (piscines de rééducation, de marche et de natation, baignoires, manu pédiluves, douches), de mécanothérapie, d’électrothérapie et d’ultrasons, de thermothérapie (infrarouges, paraffine), de presso thérapie pneumatique, de saunas, de bains vapeur et de postes d’héliothérapie, est adapté à un flux annuel de 4 000 curistes et à une capacité de 1 200 à 1 400 soins par jour.

Le centre prend en charge plusieurs pathologies, dont les affections rhumatismales, neurologiques et neurochirurgicales, les affections traumato-orthopédiques, les problèmes de circulation et de respiration. À titre interne ou externe.

Depuis l’année 2000, un programme de remise en forme a été mis en place, en complément à la cure médicalisée, sous l’argument de “répondre aux attentes de personnes qui n’ont pas le temps de s’occuper d’elles-mêmes”. Ce programme est inscrit au chapitre de “la prévention”, au même titre que d’autres prestations, à l’exemple du repos, de la surcharge pondérale et de la récupération chez les sportifs.

Lors de la rencontre, le premier responsable du centre a informé que depuis huit ans, l’établissement fonctionne sept jours sur sept, en rappelant que de nouveaux produits ainsi que de nouvelles formules sont proposés à la clientèle, tels que l’esthétique, le hammam, le programme estival, des séjours de détente, des séjours familiaux, les abonnements au “club belles criques” et ceux au “solarium”. Sans oublier l’accès payant de la population à la plage, de même que “la branche spécialisée” dans l’organisation de séminaires, congrès, colloques et journées d’étude. “De par sa conception, le centre a été conçu très médicalisé. Nous ne pouvons pas changer du jour au lendemain, pour faire seulement de la thalasso”, a indiqué M. Moussaoui, en distinguant la thalassothérapie destinée aux malades de la thalasso, qui comprend l’aspect à la fois “préventif” et “endique”, de même que “la détente”.

Aujourd’hui, le directeur général et son staff estiment que les cures de thalassothérapie doivent déboucher sur “la thalasso réadaptation”, un concept combinant à la fois la kiné balnéothérapie et la réadaptation, toutes deux basées essentiellement sur “l’hygiène de vie, l’éducation sanitaire et la diététique”. C’est une manière de coller à l’air du temps et de rentabiliser, dans le même temps, l’établissement de Sidi-Fredj qui, jusqu’à preuve du contraire, fait toujours partie du programme de privatisation.

Aperçu à travers quelques chiffres
Pendant l’année 2007, le centre de thalassothérapie a enregistré, au titre de l’internat, 82 000 nuitées, ce qui correspond au nombre de personnes ayant séjourné dans l’établissement, parmi les curistes, les assurés sociaux, les clients conventionnés et ceux venus dans le cadre du regroupement (séjours familiaux et de détente). Ces informations nous ont été livrées par Méziane Tani, l’assistant principal du directeur général. Ce dernier a en outre précisé que sur les 82 000 personnes, “40% sont des assurés Cnas, 40 à 45% des clients conventionnés et entre 15 et 20% des curistes libres”. Selon notre interlocuteur, la même année a enregistré, au titre de l’externat, “entre 800 et 1 000 journées de soins par mois, soit environ 9 000 à 12 000 journées de soins par an. Ces chiffres montrent que c’est relativement stable en internat et en externat.” Quant à l’année 2008, il a relevé “une légère amélioration” au premier semestre, en comparaison de la même période de l’année 2007, mais sans donner d’autres détails chiffrés. Sinon d’affirmer que cette amélioration est provisoire tant que “l’année 2008 n’est pas encore terminée”.

source : http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=97665