L’affaire Lafarge-Orascom a montré des failles dans les contrats :
les cabinets étrangers conseillent-ils bien l’Etat algérien ?


Par sonia lyes le 12/08/2008 à 10:25

Depuis quelques années, ils sont plusieurs à s’être implantés à Alger, dans les quartiers chics de la capitale. Comme les autres entreprises étrangères, les grands cabinets d’avocats internationaux veulent leur part de la manne pétrolière. Officiellement ils apportent un savoir-faire que les cabinets locaux ne possèdent pas : une connaissance du monde la finance et des affaires, avec une présence internationale reconnue. Leurs prestations sont à la hauteur de leur prestige : entre 500 et 700 euros de l’heure, selon les cabinets. «C’est une prestation très élevée. C’est le même type de prix pratiqué par les grands cabinets d’avocats dans les quartiers chics de Paris », explique un avocat.

Tous les ans, l’Etat algérien débourse des dizaines de millions d’euros pour rémunérer les conseils de ces cabinets. Or, comme le montre l’affaire Orascom- Lafarge dans le ciment, la prestation de ces cabinets n’est toujours pas à la hauteur de la rémunération qu’ils perçoivent. Pourquoi en effet le contrat d’implantation d’Orascom Cement en Algérie ne contenait t-il aucune clause concernant la cession éventuelle de cette filiale ? Le cabinet qui a conseillé l’Algérie dans ce dossier a-t-il volontairement omis d’inscrire une clause concernant les conditions de cession des deux cimenteries d’Orascom ? Une telle clause pouvait prévoir par exemple une interdiction de céder les deux cimenteries avant une durée déterminée ou fixer la part qui reviendrait à l’Etat algérien dans la plus-value qui serait réalisée en cas cession.

En Algérie, certains cabinets d’avocats conseillent à la fois l’Etat et des entreprises étrangères dans le même secteur. Exemple : selon nos informations, le même cabinet étranger conseille à la fois la filiale d’Orascom Telecom, Djezzy, et le ministère des télécommunications. Une situation qui ressemble à un conflit d’intérêt. Le 23 juillet, lors de son discours devant les maires, le président Bo^^^^^ika avait, sans les nommer, critiquer ses cabinets, qualifiés de médecins qui donnent une ordonnance pour mais dont le traitement s’avère porteur de complications pour le malade.

Par ailleurs, la présence de cabinets d’avocats internationaux dans des processus de privatisation ne serait pas nécessaire, dans la mesure où tous les aspects financiers et d’évaluation des entreprises à vendre est effectué par des banques d’affaires internationales. «A-t-on besoin d’un cabinet rémunéré à 500 euros de l’heure pour créer une entreprise de droit algérien à Belcourt ? », s’interroge le même avocat. « Sans doute, la réponse est non, explique t-il. Tous les cabinets d’avocat algériens savent faire une telle chose pour un tarif dix fois moins élevé».

source : http://www.toutsurlalgerie.com/alger...gers-4483.html