La commercialisation du ciment sévèrement contrôlée

Les revendeurs et les entreprises de réalisation sont soumis à un cahier des charges
mardi 26 août 2008.

Les entreprises publiques de ciment vont appliquer, à partir de septembre prochain, de nouvelles dispositions pour la commercialisation du ciment à leur clientèle qui sera soumise à un nouveau cahier des charges. Ce nouveau dispositif sera appliqué aux entreprises de réalisation, aux conditionneurs de ciment, aux revendeurs grossistes et aux entreprises de transformation, ont indiqué plusieurs entreprises publiques de ciment sur leur site Internet.


À partir du mois prochain, toute demande d’achat de ciment formulée par une entreprise chargée d’un programme de réalisation ne pourra être recevable par la cimenterie que si elle remplit des conditions obligatoires fixées par les entreprises publiques de ciment. Ainsi, pour les entreprises clientes chargées d’un programme de réalisation (autoroute, barrage, logements, aéroport, port...), les cimenteries publiques leur exigeront la déposition d’un contrat de réalisation et d’un état des besoins mensuels approuvé et visé par les responsables du projet (maître de l’ouvrage et éventuellement le bureau d’études), et de s’engager à informer la cimenterie pour tout arrêt de chantier. Ce nouveau cahier des charges stipule également que les entreprises de réalisation s’engagent à ne pas procéder à la revente du ciment en l’état et de disposer de moyens de transport du ciment adaptés à l’enlèvement des quantités nécessaires. En outre, l’entreprise cliente devra déposer une copie du registre du commerce auprès du CNRC et d’une copie de son numéro d’identification statistique (NIS), ainsi que d’une carte fiscale portant son numéro d’article d’imposition. Concernant les revendeurs grossistes, dont la vocation est la revente en l’état et en gros du ciment, il leur sera exigé non seulement des copies du registre du commerce auprès du CNRC et de leur NIS ainsi que d’une carte fiscale, mais de disposer aussi en propriété ou en location (acte de propriété ou bail de location dûment établis) d’une infrastructure, adaptée et autorisée, de stockage et revente, de surface couverte de 400 m2 au minimum. Ils doivent aussi disposer de moyens propres adaptés de transport ou d’un contrat dûment établi avec un transporteur, alors que les quantités de ciment mises à disposition seront fixées en fonction de la capacité de transport dont dispose le client. Par ailleurs, le revendeur grossiste doit verser une avance commerciale à l’entreprise de ciment représentant 10% du montant du programme annuel contracté. Concernant le prix de vente, le grossiste s’engagera par écrit que son niveau de marge commerciale sur toutes les ventes de ciment en sac qui seront effectuées par lui sera conforme à celui fixé par les textes réglementaires dès leur promulgation. Les conditionneurs de ciment et les entreprises de transformation seront également soumis à un nouveau cahier des charges. Pour les conditionneurs du ciment en vrac, ils seront tenus, entre autres, de disposer d’un agrément des installations de stockage et de conditionnement de ciment délivré par le laboratoire Cetim, d’enregistrer sa marque et son label de conditionneur au niveau de l’INAPI et de s’engager à inscrire obligatoirement sur ses sacs l’origine du ciment ensaché, pour le suivi de la traçabilité du produit. Quant aux entreprises de transformation dont l’activité consiste en la transformation du ciment en matériaux de construction par des procédés industriels, elles sont aussi soumises à plusieurs conditions dont l’agrément des installations de transformation du ciment délivré par le laboratoire Cetim (conformité et capacité de production), et de disposer de moyens de transport du ciment adaptés à l’enlèvement des quantités nécessaires au fonctionnement de ses installations techniques, et à s’engager à ne pas commercialiser le ciment en l’état. Pour rappel, au début de l’année, le gouvernement confronté à une crise des matériaux de construction, notamment le ciment en raison de la spéculation, avait envisagé la publication d’un décret qui fixe les marges. Pour le prix du sac de ciment, le ministère du Commerce parle d’un ordre de grandeur de 100 DA qui seront répartis entre la marge de gros et celle du détail. Le prix moyen TTC sorti d’usine étant en moyenne de 220 DA le sac de 50 kg, et en ajoutant les marges de 100 DA, le tarif ne dépassera pas en principe 320 DA sur le marché intérieur. Les entreprises publiques de ciment comprennent 12 cimenteries totalisant une capacité de production de 11,6 millions de tonnes de ciment par an. Par ailleurs, l’Algérie, à travers les cimenteries publiques, a lancé un appel d’offres pour l’importation d’un million de tonnes de ciment pour alimenter ses chantiers de bâtiment et de travaux publics et faire face à une hausse prévisible de la demande durant les prochains mois, a-t-on appris hier auprès du groupe public des ciments ERCC. L’importation de ce million de tonnes de ciment aura lieu via un groupement constitué par les douze cimenteries publiques du pays, et s’effectuera sur une période de dix mois à partir de septembre, a ajouté la même source. “L’objectif de ce programme d’importation de ciment est de répondre à la demande en provenance des chantiers de bâtiment et de travaux publics en cours dans le pays”, a déclaré à l’AFP le responsable de la communication de l’ERCC Nadi Noredine. L’Algérie veut ainsi se préparer à l’augmentation prévisible, durant les prochains mois, de la demande sur ce matériau de la part du BTPH. Des chantiers de construction de plus de 500 000 logements et d’une autoroute de 1 000 km reliant l’est à l’ouest du pays sont en cours. La livraison de ces projets est prévue courant 2009. Les cimenteries publiques ont parallèlement décidé d’investir 780 millions de dollars entre 2008 et 2012 pour porter leur capacité à 17,6 millions de tonnes par an, contre 11,6 millions de tonnes actuellement.

source : Liberté

source : http://algerie.actudz.com/article2467.html