Du Tam-Tam au GSM

Edito 131 vendredi 29 février 2008

Ce qui aurait été impensable il y a une dizaine d’années et ce qui semblait un rêve lointain vient enfin de prendre forme. L’Afrique a un nom et on en parle, du moins dan le domaine des TIC. Je me tairais sur les autres sujets qui peuvent fâcher. L’année 2007 est à marquer. Cela a commencé par des décisions américaines d’aider à mettre en place un écosystème pour l’implantation des TIC. Aide multiforme et multilatérale pour les pays africains. Il ne faut pas se voiler la face, les entreprises américaines vendent leurs produits, mais ces décisions ont fait bouger les choses. A côté de cela, les Européens, et en particulier les Français sortent, un peu, de la léthargie dans laquelle ils se sont mis. Ils ne voyaient que l’Afrique des matières premières, les Américains leur ont montré que c’est aussi des consommateurs. Mais les premiers à avoir compris cela, ce sont les opérateurs de téléphonie mobile. Comme quoi une innovation, presque inutile, a ouvert le monde au continent noir. En gros et à la louche, l’Afrique va avoir deux liaisons par fibre optique internationales connectant l’Afrique de l’Est au monde. Pour l’Ouest, Glabalco a déjà posé une fibre – Londres-Dakar -, et il est prévu une continuation vers Lagos. Continent mal géré et par conséquent peu ou pas d’infrastructure, ce qui fait que la bande passante est à un prix impensable. A titre d’exemple, Gabon Telecom vend à 20 000 dollars le mégabit. A ce prix-là, le satellite devient extrêmement intéressant, et c’est en Afrique que l’utilisation de ce type de media est maximale, et l’entrée sur le marché de Sat3 va faire baisser le prix du mégabit à 1000 dollars. L’Afrique aura accès à de la bande passante à des prix plus ou moins comparables à certains pays en Europe. L’accès à de la bande passante internationale n’est pas seulement une question de prix, mais ces baisses sont un début… D’un autre côté, et comme dit précédemment, les opérateurs mobiles veulent augmenter leurs Arpu et rien de tel que la 3G et l’Internet à haut débit. Déjà aujourd’hui, plusieurs opérateurs africains offrent de la 3G et plus, mais les prix restent excessifs. Ce type de service n’a pas sa place partout, mais c’est un signe des changements à venir, et ces nouvelles offres participent à une transformation de la donne dans le secteur de l’Internet. Conséquence immédiate, il y aura accroissement de la bande passante. Mais ce qui reste a développer est plus intéressant : le contenu. Grâce à l’existence des opérateurs mobiles et aux développements technologiques, les offres iront vers le triple ou quadruple play. Ce qui est à présent considéré comme de la communication (email, SMS) sera bientôt plus des services audiovisuels avec le développement de contenu. 2008 sera certainement l’année de la maturation, et si cela continue, 2010 sera l’année de rupture et de croissance.

source : http://www.itmag-dz.com/spip.php?article903