133 milliards de dollars de réserves et 1,5 millions de couffins

Par lounes guemache le 2008-09-08

A la fin juin 2008, l'Algérie disposait de 133 milliards de réserves de change. Durant les six premiers mois de l'année, la hausse des prix du baril de pétrole sur les marchés internationaux a rapporté aux caisses de l'État plus de 55 milliards de dollars supplémentaires. Ces chiffres ont été rendus publics, dimanche 7 septembre, par le ministre des Finances après une audience avec le président Bo^^^^^ika consacrée à la situation économique du pays. A ce rythme, les réserves de change algériennes devraient atteindre 200 milliards de dollars à la fin de l'année.

Paradoxalement, ces chiffres ont été dévoilés moins de dix jours après une autre annonce : la distribution de 1,5 millions de couffins destinés aux nécessiteux durant le Ramadhan, pour un budget global de 3 milliards de dinars (30 millions d'euros). Selon des statiques officieuses, plus de 20% de la population vit sous le seuil de pauvreté. A ce chiffre, on pourrait ajouter tous les autres Algériens qui ont un quotidien difficile, avec des salaires parmi les plus bas de la planète.

C
es éléments illustrent ce que les économistes appellent désormais le « paradoxe algérien » : un peuple pauvre dans un pays riche. Ils posent aussi la question de la redistribution de la richesse nationale. La hausse des prix du baril durent depuis maintenant plus de huit ans. Et depuis quelques années, le discours économique du gouvernement n'a pas évolué. Les mêmes indicateurs sont régulièrement mis en avant : des réserves de change en hausse, la croissance du PIB, une inflation artificiellement maitrisée grâce aux subventions des produits de première nécessité...Mais sur le terrain, la situation des Algériens n'a pas évolué dans le même sens que la croissance économique et des performances annoncées régulièrement par le gouvernement.

D
imanche, le président Bo^^^^^ika, au lieu de se comporter comme un épicier comptant sa caisse à la fin de la journée, aurait dû interroger son ministre de l'économie sur les résultats de sa politique sur l'emploi et le pouvoir d'achat des Algériens. Ce sont les deux seuls indicateurs valables pour mesurer la réussite d'une politique économique. Ce sont également les deux seuls indicateurs qui intéressent les Algériens.

source : http://www.toutsurlalgerie.com/suite...er.php?id=4720